Une collaboration internationale pour étudier la salmonellose

Un chercheur étudie la salmonelle aux îles Fidji.

Un chercheur étudie la salmonelle aux îles Fidji.

Crédit : Aaron Jenkins

En 5 secondes

France Daigle fait partie d'une équipe internationale de chercheurs qui tentent de trouver l'une des principales causes de maladies liées à l'eau grâce à la Fondation Bill et Melinda Gates.

France Daigle, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal, a reçu une bourse de la Fondation Bill et Melinda Gates dans le cadre du concours Grand Challenges Explorations. Ce concours est extrêmement sélectif: sur 1500 candidatures, seules 29 propositions ont été retenues à l’échelle internationale, dont 10 dans le domaine de recherche de Mme Daigle.

S'appuyant sur des programmes de recherche existants sur la salmonelle dans les îles Fidji et à Madagascar, la Dre France Daigle s’est associée au Dr Aaron Jenkins (des universités australiennes de Sydney et Edith Cowan) et à la Dre Gemma Langridge (du Quadram Institute, au Royaume-Uni) pour aborder différents aspects liés à la salmonelle responsable de la typhoïde. Ce groupe de chercheurs a reçu trois subventions totalisant 300 000 $ US pour étudier au cours des 18 prochains mois la survie de la bactérie Salmonella enterica, sérotype Typhi (S. typhi).

Le projet présenté par France Daigle permettra de mieux comprendre les interactions entre la bactérie S. typhi et d’autres microorganismes présents dans l’environnement, dont certains protozoaires.

La Dre Daigle émet l'hypothèse que les membres de la communauté microbienne de l'eau interagissent avec la bactérie S. typhi et lui fournissent des nutriments et une niche environnementale favorable. Ces interactions peuvent conduire à un réservoir environnemental pour S. typhi et augmenter ainsi sa transmission aux humains.

Avec ce projet, France Daigle tentera de désigner des partenaires microbiens dans l'eau et de mettre au jour les mécanismes qui permettent la persistance de S. typhi dans le milieu aquatique. Elle cherchera à déterminer quels microorganismes augmentent la condition physique de S. typhi. La présence de microbes spécifiques qui se sont révélés bénéfiques pour S. typhi dans les microcosmes sera confirmée par des analyses d'échantillons d'eau provenant d'une région où la fièvre typhoïde est endémique.

La Dr Langridge étudiera quant à elle l'influence des réarrangements du génome sur la survie de S. typhi dans l'eau des régions d'endémie forte et faible des îles Fidji.

Le Dr Jenkins se penchera plus spécifiquement sur la microécologie des biofilms associés aux sédiments dans les réseaux hydrologiques à forte incidence typhoïdique.

Les découvertes issues de ces recherches pourraient permettre d’élaborer des méthodes d’intervention innovantes pour mieux contrôler cette dangereuse maladie, qui a causé 117 000 décès en 2017 à travers le monde.

  • Salmonelle

    Salmonelle

    Crédit : Getty
  • Toilettes situées aux Fidji

    Toilettes situées aux Fidji

    Crédit : Aaron Jenkins