Conformisme et perte d’humanité: le TUM revisite «Rhinocéros», d'Ionesco

Maria El Debs, Noé Demarne et Félix Raulet, trois interprètes de la pièce «Rhinocéros».

Maria El Debs, Noé Demarne et Félix Raulet, trois interprètes de la pièce «Rhinocéros».

Crédit : David Fogel

En 5 secondes

Les 14 et 15 février, le TUM présente un classique du théâtre de l’absurde: «Rhinocéros», mis en scène par Laurent Trudel et interprété par des étudiantes et étudiants de l’UdeM.

Une journée aussi banale qu’une autre, un rhinocéros traverse une ville paisible où les gens travaillent fort et défonce tout sur son passage. Cet évènement entraîne une remise en question chez les employés d’une entreprise. Les rhinocéros, qui petit à petit suscitent la sympathie des humains désireux de leur ressembler, se multiplient dangereusement…

«Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.»

«Les rhinocéros pourraient représenter des personnes à la mentalité trop carrée, obsédées par leur travail, par leurs convictions. Des gens matrixés dans un monde creux, sans saveur et gris», explique Noé Demarne, l’une des interprètes qui étudie en sociologie et psychologie.

Ces individus qui auparavant étaient tous pareils finissent par chercher à devenir rhinocéros pour marquer un changement. «Ils ne perdent pas pour autant leur absence d’originalité, car ils se conforment aux autres en se transformant en rhinocéros», ajoute Noé Demarne.

Version 1959 ou 2020: même bête menaçante

Le metteur en scène, Laurent Trudel, confie que c’est cette perte d’humanité qui l’a motivé à choisir ce texte du théâtre de l’absurde. Une autre interprète, Juliette Bertin (étudiante en communication), prévient qu«’on peut penser au début que l’absurdité omniprésente dans Rhinocéros n’apporte qu’humour, mais c’est tout le contraire. L’absurde suscite une tragédie». Elle mentionne également que le message transmis par sa version de Rhinocéros, d’Eugène Ionesco, n’est pas tellement différent de celui de la version originale de 1959, car il y a toujours une bête pour menacer la stabilité des sociétés.

En plus de Juliette Bertin et Noé Demarne, cinq interprètes vont monter sur les planches du Centre d’essai: Maria El Debs, Laurine Dura et Solenne Gariépy (étudiantes en communication), Marilou Landry (étudiante en service social) et Félix Raulet (étudiant d'un programme d’échanges).

L’action se déroule dans une temporalité contemporaine et se situe dans un décor conceptuel qui représente un bureau moderne.

60 saisons à faire vibrer la scène étudiante

Cette année, la troupe célèbre ses 60 ans, tout comme la pièce Rhinocéros. Depuis 60 ans, le TUM permet, chaque année, à plus de 40 étudiantes et étudiants sélectionnés au cours d’auditions de vivre une expérience de théâtre sous la direction de metteuses et metteurs en scène professionnels.

Les représentations

Les représentations de Rhinocéros auront lieu le vendredi 14 février à 20 h et le samedi 15 février à 15 h et 20 h au Centre d'essai de l'Université de Montréal, pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boulevard Édouard-Montpetit (station de métro Édouard-Montpetit ou autobus 51).

La représentation du vendredi sera suivie d'une discussion avec le metteur en scène et les interprètes.