Capitalisme sauvage: tous les coups sont permis pour Théâtre Université de Montréal

Léo Domingue, Mathilde Proulx et Yardley Alexis, trois interprètes de la pièce «Glengarry Glen Ross».

Léo Domingue, Mathilde Proulx et Yardley Alexis, trois interprètes de la pièce «Glengarry Glen Ross».

Crédit : Anthony Turpin

En 5 secondes

Le drame socioéconomique «Glengarry Glen Ross», de David Mamet, sera présenté par la troupe TUM les 13 et 14 mars, dans une adaptation et une traduction de Denis Bouchard.

La 60e saison de la troupe Théâtre Université de Montréal (TUM) se poursuit les 13 et 14 mars avec le drame socioéconomique Glengarry Glen Ross, de David Mamet, dans une adaptation et une traduction de Denis Bouchard.

Des courtiers immobiliers avares et orgueilleux d’une petite agence médiocre sont informés par une envoyée du siège social que des abolitions de postes sont sur le point de survenir. Seulement deux personnes de l’équipe des ventes qui ont obtenu les meilleurs résultats pourront garder leur emploi à la fin de la semaine. Un jeu de stratégie et de négociation s’installe rapidement entre ces collègues qui se méprisent.

Glengarry Glen Ross remet habilement en question le rapport de notre société au capitalisme, la lutte des classes et les hiérarchies convenues. «Je pense que les thèmes abordés par David Mamet sont inévitables pour quiconque souhaite devenir un acteur de notre société, explique le metteur en scène Germain Pitre. Mamet aime placer ses personnages dans des mondes où la relation entre l’humain et l’argent joue un rôle de premier ordre, c’est pourquoi il met souvent en scène des avocats, des comptables, des prostitués ou des courtiers immobiliers.»

C’est pas un monde d’hommes ça... C’est rendu un monde de gestionnaires pis de fonctionnaires qui regardent leur montre vingt fois par jour.

L’indécence de notre société est mise de l’avant par l’auteur au moyen d’une guerre immobilière dont le but est de vendre le plus d’unités à des clients sans le sou, dit Léo Domingue, interprète de la troupe. Il ajoute que «la pièce trouve son actualité en ce qu’elle dévoile les mécanismes d’un capitalisme que beaucoup qualifieront de sauvage; le public se trouvera peut-être, comme ses protagonistes, piégé dans les rouages d’un système aliénant les plus déterminés et avalant tous les autres».

«Tous les coups sont permis. La seule chose qui semble importer, c’est ce qu’un tel peut apporter à l’autre. Les relations deviennent utilitaires. Certains courtiers sont prêts à outrepasser les limites de la légalité ou de la simple bienséance en usant de bassesses et de pièges», mentionne Yardley Alexis, qui montera sur scène. Glengarry Glen Ross ne fait pas du tout dans le sentimental. Elle prévient que «la pièce est axée sur la façon dont le système corrompt les gens».

En plus de Léo Domingue et de Yardley Alexis (études libres), les autres interprètes de la troupe sont Xavier Curtenaz (études cinématographiques), Anna Hornung (musique), Roseline Lefebvre (psychoéducation), Maxime Monrat (arts, création et technologies) et Mathilde Proulx (littératures de langue française).

À propos de l’auteur

David Mamet est l’un des dramaturges les plus importants des années 80 et 90 aux États-Unis. Il a notamment gagné le prix Pulitzer pour son texte Glengarry Glen Ross. Ses textes dramaturgiques proposent une critique noire et cinglante du capitalisme et du rêve américain. Ses personnages sont la plupart du temps placés dans des situations qui les confrontent et laissent ressortir l’animal en eux.

À propos du metteur en scène

Germain Pitre est diplômé du baccalauréat et de la maîtrise en théâtre de l’UQAM. Dans ses mises en scène, il cherche à flouter la frontière entre le réel et la fiction. Les thèmes qu’il aborde remettent toujours en question la société et le monde professionnel. Glengarry Glen Ross est sa cinquième mise en scène au TUM après Sacré-Cœur (2016), Polices! (2017), Théâtre extrême (2018) et Stuff Happens (2019).  

Discussion avec Denis Bouchard

Pour célébrer ses 60 ans, le TUM reçoit le comédien Denis Bouchard, traducteur et adaptateur de cette œuvre dramaturgique, pour une discussion avec le public après la représentation du 13 mars.

La représentation du 14 mars à 20 h sera suivie d’une discussion avec le metteur en scène, les concepteurs et les interprètes du spectacle.

À propos des représentations

Les représentations de Glengarry Glen Ross auront lieu le vendredi 13 mars à 20 h et le samedi 14 mars à 15 h et 20 h au Centre d'essai de l'Université de Montréal, pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boulevard Édouard-Montpetit (station de métro Édouard-Montpetit ou autobus 51).