Nos experts répondent à vos questions (2)

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En 5 secondes

Des experts de l’Université répondent aux questions de la communauté sur la pandémie de COVID-19.

Cécile Tremblay, professeure à la Faculté de médecine et microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, répond aux questions de la communauté universitaire.

Cécile Tremblay

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Q. En cas d'absence de masque homologué, les masques en tissu sont-ils protecteurs pour soi et pour les autres? Si oui, à quelles conditions? (Pascal, Bibliothèque de lettres et sciences humaines)

R. Étant donné que les masques sont faits dans des tissus variés, il est impossible de prédire le degré d’imperméabilité par rapport aux particules virales. Le but du masque est d’empêcher les gouttelettes respiratoires de quelqu’un qui serait infecté ‒ possiblement asymptomatique ‒ de se répandre et d’atteindre quelqu’un d’autre. Il n’y a pas de données qui démontrent que porter un masque exerce un effet protecteur sur la personne qui le porte, dans un contexte de population générale.

Q. Si moi-même ou un membre de ma famille présentons certains symptômes s’apparentant à ceux de la COVID-19, devons-nous nous présenter dans les plus brefs délais dans une clinique de dépistage ‒ au risque de contaminer d’autres personnes? (Karine, Faculté de médecine)

R. Si quelqu’un est symptomatique, il doit composer le 1 877 644-4545 : quelqu’un fera une évaluation de son état de santé et, au besoin, lui donnera un rendez-vous pour qu’il passe un test. Si une personne a des symptômes graves, comme de la détresse respiratoire, il faut faire le 911.

Q. Pourquoi n'hospitalise-t-on pas automatiquement les personnes déclarées positives? (Renée, Faculté des arts et des sciences)

R. Parce que la majorité des individus infectés n’ont pas besoin de soins hospitaliers étant donné que la maladie les affecte de façon bénigne ou modérée. Il n’y a aucun traitement contre la COVID-19.

Q. Si une personne a reçu un résultat positif au test de dépistage et que ses symptômes légers ont maintenant disparu, quand peut-on déterminer qu'elle n'est plus contagieuse, puisqu'on ne fait plus de test après la fin des symptômes? (Ginette, diplômée)

R. il faut qu’une période d’au moins 14 jours se soit écoulée depuis le début des symptômes et que la personne ne soit plus symptomatique depuis au moins 48 heures.

Q. Si tout le monde est confiné et qu'un petit pourcentage de la population développe la maladie et de ce fait une immunité contre la COVID-19, que se passera-t-il lorsque le confinement sera levé? Est-il possible que nous vivions une deuxième vague de la maladie? (France, Faculté de médecine vétérinaire)

R. Tout d’abord, bien que cela soit probable, il n’est pas garanti que d’avoir été infecté par le virus amène une immunité protectrice, cela reste à valider. Il est possible qu’on subisse une deuxième vague de la maladie dans quelques mois, c’est pourquoi il est important qu’on maintienne les mesures de confinement aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour limiter la quantité de virus en circulation et que la levée du confinement se fasse de façon progressive. Cela permettra de repérer les nouveaux cas et de les isoler rapidement pour éviter la deuxième vague.

Q. J'ai 57 ans et je suis en bonne santé. Certains de mes amis pratiquent systématiquement la distanciation sociale et ne reçoivent pas d'amis chez eux. Est-il possible ou contre-indiqué de recevoir un ami à la fois, chez soi, dans la mesure où celui-ci respecte les mesures d’éloignement physique de deux mètres? (Sylvain, Faculté de musique)

R. Les consignes sont claires pour tout le monde. Nous ne devons pas recevoir d’amis ou de famille. Tous doivent respecter les consignes. C’est ce qui nous protège tous collectivement.

Q. Est-il dangereux de recevoir le journal du matin livré à domicile? Durant combien de temps le virus survit-il sur du papier journal? (Michèle, Faculté de médecine)

R. Le virus peut survivre sur des surfaces inertes de 24 heures à plusieurs jours. Vous pouvez soit lire la version électronique du journal, soit le désinfecter ‒ ça peut s’avérer difficile ‒ ou jeter la première page et disposer du journal après l’avoir lu et vous laver les mains. Le lavage des mains reste la clé.

Q. Les cadavres sont-ils contagieux? Les thanatologues doivent-ils prendre un certain temps avant de les traiter? (Denise)

R. Le virus se transmet par gouttelettes et par contact. Il existe donc un danger pour les thanatologues, qui devraient prendre les précautions nécessaires et avoir l’équipement de protection individuelle requis.

Q. Une fois qu’une personne dont les symptômes étaient légers a guéri de la COVID-19, on dit que sa capacité respiratoire est diminuée de 30 %: est-ce vrai? (Vanessa, Faculté de pharmacie)

R. La présence de séquelles laissées par la COVID-19 est extrêmement variable et dépend de l’individu et de la gravité de l’atteinte. La majorité des individus n’ont aucune séquelle. On ne peut pas donner de pourcentage déterminé.