L’apprentissage en temps de pandémie: différentes perspectives et pistes de solution

À la mi-avril l’an dernier, 1,5 milliard de jeunes de la maternelle à l’université dans 195 pays ont vu leur établissement scolaire fermer, d’après l’UNESCO.

À la mi-avril l’an dernier, 1,5 milliard de jeunes de la maternelle à l’université dans 195 pays ont vu leur établissement scolaire fermer, d’après l’UNESCO.

Crédit : Getty

En 5 secondes

Réunissant des experts de différentes disciplines, le symposium grand public «L’apprentissage en temps de pandémie» se tiendra le 24 février.

La crise sanitaire perdure et a de nombreuses répercussions sur le milieu de l’éducation. Différentes perspectives et pistes de solution seront présentées aux chercheurs, étudiants, enseignants, parents et autres personnes intéressées par le sujet au cours du symposium interdisciplinaire «L’apprentissage en temps de pandémie».

À la mi-avril l’an dernier, 1,5 milliard de jeunes de la maternelle à l’université dans 195 pays ont vu leur établissement scolaire fermer, d’après l’UNESCO. Presque un an plus tard, avec les fermetures sporadiques de classes et l’enseignement à distance, le retour à la normale se fait attendre.

«Nous sommes très soucieux de l’état mental des étudiantes et étudiants, qui sont déjà nombreux en temps normal à avoir des problèmes d’anxiété, notamment, et l’on sait que la pandémie vient exacerber ces troubles», indique Christian Casanova, directeur du Centre interdisciplinaire de recherche sur le cerveau et l’apprentissage (CIRCA) de l’Université de Montréal.

Motivation, difficultés d’apprentissage, sommeil, musique

Alors qu’on s’inquiète particulièrement des adolescents, les mécanismes neurologiques qui sous-tendent la motivation seront présentés durant ce symposium par Anne-Noël Samaha, de la Faculté de médecine de l’UdeM.

Garine Papazian-Zohrabian, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation, viendra pour sa part expliquer les conséquences de la pandémie sur la santé mentale et les difficultés d’apprentissage des étudiants et étudiantes.

Si plusieurs dorment moins bien depuis le début de la propagation du virus, la neuropsychologue Nadia Gosselin abordera le rôle important que joue le sommeil dans nos vies, notamment sur la consolidation des acquis de la journée ainsi que sur la gestion du stress et de l’anxiété.

Enfin, alors qu’on a tous besoin de petits trucs concrets pour aller mieux, Nathalie Gosselin, chercheuse en psychologie, parlera de l’effet positif de la musique sur la santé mentale, qui est fortement éprouvée ces temps-ci.

«Nous sommes très heureux de réunir ces chercheuses qui partageront avec nous leurs connaissances alors que la pandémie dure depuis un an déjà et que, malheureusement, elle risque de persister encore longtemps, affirme Christian Casanova. Nous trouvions important d’organiser ce symposium maintenant pour que les pistes de solution présentées par les chercheuses puissent aider les gens.»

Le CIRCA organise ce symposium en collaboration avec CerebrUM, le pôle en neuropsychologie et neuroscience cognitive et computationnelle, et le Groupe de recherche sur le système nerveux central de l’UdeM.

Briser les silos

Le CIRCA, un nouveau centre de recherche financé par le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé, vise à faire travailler ensemble des gens de différentes facultés et à favoriser le partage des connaissances.

«Le CIRCA est né de la volonté des chercheurs et chercheuses de fédérer leurs forces, dit Christian Casanova. Nous sommes allés vers une très grande interdisciplinarité.»

D’ailleurs, si le directeur du CIRCA vient de l’École d’optométrie, l’équipe de direction des axes de recherche est composée de personnes issues de domaines aussi variés que la médecine dentaire, les neurosciences, la psychoéducation et la psychologie.

«Nous voulons amener les gens de diverses facultés et écoles à mieux collaborer, mentionne M. Casanova. Ces gens peuvent travailler sensiblement sur le même sujet, mais avec des approches complètement différentes. C’est en mettant ces points de vue en commun qu’on pourra avoir le plus d’influences immédiates sur la société.» Il donne l’exemple de la recherche sur la douleur. «Il est intéressant que des chercheurs et des chercheuses de la Faculté de médecine travaillent avec des collègues de la Faculté de médecine vétérinaire. Il y a bien des choses qui se passent chez les animaux qu’on peut transposer chez l’humain.»

Le CIRCA souhaite aussi collaborer avec les parties prenantes, comme les patients, et multiplier les interactions avec la population en général. «Souvent, les scientifiques sont enfermés dans leurs laboratoires, mais ils doivent savoir quelles sont les préoccupations de la société, des gouvernements, des industries», déclare M. Casanova.

Le symposium «L’apprentissage en temps de pandémie» se tiendra sur Zoom le 24 février de 12 h à 14 h. Il pourra ensuite être visionné en ligne.