Se reconnaître comme un être sexuel à part entière – avec des désirs, des droits au plaisir et la capacité de les exprimer – précède et favorise l'exploration sexuelle chez les adolescents.
C'est ce que révèle une étude longitudinale dont les résultats ont été publiés dans la revue Archives of Sexual Behavior. Ces travaux ont été réalisés dans le cadre de l’étude Précurseurs des relations sexuelles et amoureuses des jeunes (PRESAJ), que mènent depuis près d’une décennie des équipes de recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’Université de Montréal.
Penser la sexualité avant de l'explorer
Au cœur de cette recherche se trouve le concept de sexualité subjective, qui désigne la façon dont une personne se représente et expérimente en tant qu'être sexuel. Concrètement, c'est le fait de considérer ses désirs comme légitimes, de savoir ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas, d'être capable de le dire à un ou une partenaire – et de réfléchir à tout cela. Il englobe trois dimensions: l'estime corporelle sexuelle, le sentiment d'avoir le droit au désir et au plaisir – incluant la capacité de parler de ses préférences à une ou un partenaire – et l'autoréflexion sur ses expériences intimes.
«C'est la capacité de penser, de réfléchir sur les expériences et comportements sexuels et de s'affirmer sur le plan sexuel», explique Marie-Michèle Paquette, auteure principale de l’étude, qui faisait partie de son projet de recherche doctoral à l’UdeM.
Des travaux avaient déjà établi un lien entre l'expérience sexuelle et la sexualité subjective, mais la direction de ce lien restait floue, voire inversée. Marie-Michèle Paquette et sa directrice de recherche, Sophie Bergeron, professeure au Département de psychologie de l'UdeM, ont voulu déterminer lequel des deux phénomènes précède l'autre et si des comportements en ligne, comme le sextage ou la consommation de pornographie, s'inscrivent dans cette dynamique.