Antoine Boivin, du Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de la Faculté de médecine
Antoine Boivin a été reconduit à la tête de la Chaire de recherche du Canada sur le partenariat avec les patients et le public.
Quels ont été les principaux projets des cinq premières années de votre chaire?
Je suis toujours un peu gêné de parler de mes réalisations: ce sont des réalisations d’équipe et rien de tout cela n’aurait été possible sans la participation des patients.
On a d’abord cofondé avec Vincent Dumez le Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public. Le Centre, codirigé avec des patients, est rapidement devenu l’un des principaux organismes en matière d’engagement des patients au Canada et a été l’hôte du 1er Sommet international sur le partenariat avec les patients et le public à Montréal en 2019.
La Chaire a pour mission principale de développer la science du partenariat. Le partenariat, c’est à la fois une relation, un art et une science. Le volet scientifique et évaluatif est primordial pour s’assurer qu’on suit les meilleures pratiques et que les patients ont une véritable place dans le processus. La première réalisation de la Chaire a été la mise sur pied du projet de recherche-action Communauté soignante avec Ghislaine Rouly, une patiente partenaire, qui est paire accompagnatrice depuis 50 ans. On a réalisé qu’on soignerait mieux ensemble: souvent, les gens viennent me consulter pour des symptômes qui n’ont rien à voir avec un problème médical et qui demandent une réponse autre qu’un médicament. Les pairs accompagnateurs ont une expérience significative de vie et s’engagent comme des alliés pour offrir de l’écoute et de l’accompagnement, et favoriser la mise en relation avec des personnes du système de santé et de la communauté.
Sur quoi les travaux de la Chaire porteront dans les cinq prochaines années?
On veut établir des partenariats avec des personnes et des communautés marginalisées, qui sont exclues des processus d’engagement, par exemple les personnes en situation d’itinérance. Nos travaux montrent que, malgré un parcours de vie très difficile, ces individus possèdent une expérience et des forces acquises à travers ces épreuves.
Le deuxième volet du renouvellement est le passage de l’engagement individuel à l’engagement collectif. Ce qui se fait beaucoup maintenant dans le système de santé, c’est d’inviter une ou deux personnes à siéger à un comité. Il faut plutôt bâtir des communautés d’expertise et d’influence qui travailleront ensemble pour agir sur les grands déterminants sociaux et environnementaux de la santé.