Un engrenage bien huilé
Comme tous les mouvements rythmiques sont organisés de façon similaire dans le cerveau, les membres du laboratoire d’Arlette Kolta cherchent à comprendre comment fonctionne précisément la mastication pour ultimement faire la lumière sur les autres mouvements.
Leurs recherches nous apprennent que le comportement alimentaire implique une organisation complexe de circuits neuronaux et de voies interreliées entre le cortex cérébral, le tronc cérébral et les muscles.
Quand la nourriture entre en contact avec la bouche, les récepteurs parodontaux sous les dents et les fuseaux neuromusculaires dans les muscles de la mâchoire captent les informations sensorielles et les transmettent au noyau sensoriel principal du nerf trijumeau et à un réseau d’interneurones prémoteurs dans le tronc cérébral. Ces régions du cerveau régulent l’activité des motoneurones qui à leur tour commandent les muscles d’ouverture et de fermeture de la mâchoire.
Bien qu’ils semblent répétitifs et analogues d’un cycle à l’autre, les mouvements masticatoires s’adaptent de manière très précise à la consistance et à la position de la nourriture dans la bouche afin d’optimiser le broyage et le déplacement du bol alimentaire. Les informations sensorielles relatives aux aliments sont alors essentielles pour orienter leur position dans la bouche et moduler la force appliquée par les muscles masticateurs, comme le masséter et le muscle temporal.
«Ces informations deviennent une rétroaction qui permet d’adapter le mouvement à chacun des cycles, puisqu’on ne mastique pas de la même façon selon le type de nourriture», indique Dominic Falardeau.
Ensuite, lorsque les aliments ont été suffisamment mastiqués et mêlés à la salive, la langue et plusieurs muscles situés dans le pharynx, le larynx et l’œsophage coordonnent leur activité pour la phase de déglutition. Pour avaler et, surtout, pour éviter l’étouffement si les aliments sont aspirés par la trachée, il faut une synchronisation de la contraction séquentielle des muscles, régie par un réseau neuronal situé dans le bulbe rachidien.