L’équipe réfléchit déjà à plusieurs pistes pour faire évoluer l’outil. L’une d’elles serait de rendre les agents conversationnels encore plus réalistes en leur intégrant des expressions faciales.
Autre projet en vue: ajouter différents niveaux d’interaction. «Il serait ainsi possible de tester différentes attitudes du personnage, selon qu’il est coopératif ou au contraire réticent à l’échange, mentionne Ann-Pierre Raiche. Dans la réalité, il arrive souvent que les professionnels rencontrent des jeunes peu enclins à discuter de certains aspects. Nous aimerions pouvoir simuler ces situations en modulant le degré de réticence du personnage.»
L'équipe souhaite aussi intégrer un système de rétroaction automatique. «Après chaque interaction, l'agent virtuel autonome pourrait indiquer les renseignements qui n’ont pas été obtenus et proposer des exemples de questions qui auraient pu être posées», précise la chercheuse.
Enfin, un autre chantier serait d’explorer l’utilisation de grands modèles de langage, comme ChatGPT, pour apporter encore plus de flexibilité aux échanges. Aujourd’hui, le robot repose sur un bassin fixe de questions: certaines interrogations des étudiants et des étudiantes ne peuvent donc pas être prises en compte. Mais l’intégration de l’intelligence artificielle n’est pas sans risque. «On craint que l’agent conversationnel se mette à inventer des réponses incohérentes, reconnaît la doctorante. Il faudra établir des balises claires pour rester dans un cadre pédagogique.»
Malgré tous ces outils technologiques, le rôle du formateur reste indispensable. «L'agent virtuel autonome est un très bon complément, mais il ne remplace pas l’analyse fine d'un enseignant ou d’une enseignante ni la rétroaction humaine. Les étudiantes et les étudiants ont besoin qu'on les guide, qu'on leur explique pourquoi telle réponse est bonne ou insuffisante», conclut Ann-Pierre Raiche.