L’importance du contenu publié par ses amis et le «scrollage»
Après avoir effectué 19 entrevues avec les jeunes et mené deux groupes de discussion, Emmanuelle Parent a mis au jour différents éléments qui influencent le temps passé dans les médias sociaux qui leur permet de créer et maintenir leurs propres réseaux relationnels.
«Entre les champs d’intérêt personnels, les habitudes avec les pairs et le design de la plateforme, l’utilisation des médias sociaux varie chez les jeunes, qui s’exposent de toute façon à la ferme détermination des plateformes à vouloir amasser des données», précise-t-elle.
Les témoignages des jeunes lui ont aussi permis de relever cinq normes sociales à suivre pour se sentir dans le coup dans ses conversations et échanges dans les médias sociaux.
«Il faut être sensible à l’autre, être disponible en tout temps et adapter la fréquence de publication et la qualité du contenu selon le type de publication, énumère Emmanuelle Parent. Ensuite, il faut se présenter authentiquement conforme et, enfin, scroller dans les médias sociaux les plus populaires.»
Par ailleurs, les relations sociales entretenues par les conversations et les publications dans les médias sociaux ont une grande valeur aux yeux des jeunes.
«C’est notamment le cas lorsqu’ils reçoivent une rétroaction à la suite d’une publication, illustre Emmanuelle Parent. Le rapport de performance diffère d’un jeune à l’autre, mais une idée revient souvent, soit l’importance d’être personnellement satisfait du contenu partagé au-delà du regard des autres.»
Si la comparaison paraît inévitable – et que les réactions de certaines personnes ont plus de poids que d’autres –, les jeunes estiment majoritairement que «le but à atteindre est de limiter la comparaison», certains qualifiant les médias sociaux de «réseaux d’admiration [où tous ont] un petit côté voyeur».
À l’inverse, les fonctionnalités du média social, entre autres celles qui incitent les jeunes à faire défiler du contenu à l’infini, les affectent plus négativement. Ils et elles qualifient d’ailleurs certaines plateformes d’«addictives», plus particulièrement TikTok.
«Toutefois, le scrollage sur Instagram, YouTube ou TikTok contribue au façonnement de la norme sociale de différentes manières, en privilégiant par exemple le partage du contenu des pairs dans le fil d’actualité ou en recommandant des personnes à suivre autour de soi», nuance Emmanuelle Parent.