Le port du masque, la distanciation physique, le fait de rester chez soi: ces mesures de prévention étaient moins susceptibles d'être suivies par les Canadiennes et Canadiens les moins informés sur la meilleure façon d'arrêter la propagation de la COVID-19 au cours de la pandémie.
Telle est la conclusion d'une étude menée par une équipe de recherche en sociologie et en psychologie de l'Université de Montréal qui s'appuie sur les résultats d'un sondage réalisé auprès de quelque 2700 personnes au Canada entre avril 2020 et avril 2021.
L'étude est publiée ce mois-ci dans la revue Scientific Reports.
Des travaux antérieurs ont montré que les individus plus jeunes, de sexe masculin, à revenu faible, les moins éduqués, vivant dans l'Ouest ou politiquement conservateurs sont plus susceptibles d'avoir ignoré les mises en garde du gouvernement contre la COVID-19, note l'équipe de l'UdeM.
«Avant d'entreprendre notre étude, nous soupçonnions que les personnes qui ne comprenaient pas les directives énoncées par le gouvernement étaient moins portées à les suivre», explique Clémentine Courdi, première auteure de l'étude, étudiante de doctorat et assistante de recherche du professeur de sociologie Éric Lacourse.
Elle poursuit: «Nous nous attendions également à ce que les gens qui s'appuyaient principalement sur des sources non officielles pour obtenir leurs informations sur la COVID-19 soient moins sujets à suivre ce que les autorités sanitaires recommandaient.»
Et c'est effectivement ce que l’équipe a constaté: «Ceux qui en savaient le plus et qui comprenaient le mieux respectaient les règles beaucoup plus que ceux qui ne comprenaient pas les recommandations. Heureusement, les premiers formaient la grande majorité; la proportion de ceux qui n'ont pris aucune précaution était vraiment minime.»