«J'ai l'impression d'avoir vieilli d'un coup, je ne sais pas où est passée la vie», déclare, durant la pandémie, un étudiant en communication de 21 ans de Montréal, resté à la maison avec sa compagne. Pour lui comme pour de nombreux jeunes adultes, la pandémie a provoqué un basculement soudain vers une temporalité nouvelle transformant leurs trajectoires de vie et leurs aspirations futures.
Afin de comprendre comment la crise sanitaire a influé sur le rapport au temps et à l’avenir chez les jeunes, une étude a été réalisée par le biais d’entretiens approfondis avec 48 adultes âgés de 18 à 30 ans de Montréal, Québec, Saint-Anne-des-Monts et Toronto.
À travers ces entretiens, Cécile Van de Velde, professeure au Département de sociologie de l’Université de Montréal, et ses étudiantes Caroline Hardy, Stéphanie Boudreault, Julie Richard et Krystal Tennessee ont mis en lumière trois profils distincts, chaque personne vivant la pandémie de manière différente selon ses ressources personnelles, sociales et économiques. Les trois grands types d’expériences vécues par ces jeunes adultes sont qualifiés de «chute», de «répit» et de «parenthèse».