Des augmentations hors du commun
Au chapitre de la rémunération, Patrice Jalette a constaté que d’importantes hausses de salaire ont été négociées dans plusieurs entreprises.
«Par exemple, l’augmentation annuelle de la rémunération des travailleurs syndiqués a atteint un pic de 5,2 % en 2022, du jamais vu au cours des 15 dernières années, indique le professeur. Ce mouvement à la hausse s’est amorcé en 2019 avec un accroissement de 3,1 % suivi d’une augmentation de 3,5 % l’année suivante et d’une autre plus modérée, soit 1,7 %, en 2021, avant de s’accentuer par la suite.»
Plus concrètement, la hausse de la rémunération vient entre autres des augmentations salariales générales immédiates négociées par les parties, de l’ajout de primes de fidélité et d’attraction ainsi que de la position plus élevée dans l’échelle salariale des nouveaux à leur arrivée en poste.
La révision des échelles salariales et des composantes de la rémunération n’est pas sans risque, selon Patrice Jalette. «La modification des échelles existantes, que les parties prenantes ont souvent mis beaucoup de temps à bâtir, peut être plus problématique, souligne-t-il. L’ajout ou le retrait d’échelons, des progressions accélérées et l’ajout de différentes primes peuvent contribuer à créer de nouvelles segmentations et des inégalités – ce qui peut accentuer des conflits entre anciens et nouveaux salariés, entre salariés qualifiés et non qualifiés.»