Une convergence de facteurs de stress complexes
L’équipe a constaté que les changements climatiques pourraient amplifier la consommation de substances nocives et les risques de rechute par au moins cinq trajectoires additives, interactives et cumulatives:
- le stress psychosocial résultant de la déstabilisation des systèmes de soutien sociaux, environnementaux, économiques et géopolitiques;
- l’augmentation des troubles mentaux;
- l’augmentation du fardeau de la santé physique;
- les changements dans les comportements établis;
- l’inquiétude quant aux dangers d’un changement climatique non maîtrisé.
Le Dr Chadi précise que le quatrième point fait référence à un bouleversement dans les habitudes quotidiennes où la consommation deviendrait un mécanisme de compensation. «Les changements climatiques peuvent engendrer des conditions qui empêchent d’avoir accès à un logement, à l’éducation, aux loisirs, aux produits alimentaires sains. Les gens peuvent alors se tourner vers les substances nocives pour se divertir, se reposer, avoir une occupation», indique-t-il.
Au chapitre des troubles mentaux, le pédiatre fait mention de la fameuse écoanxiété, mais aussi des troubles anxieux et de la dépression, qui peuvent conduire à l’envie de s’automédicamenter pour oublier le stress, l’incertitude quant à l’avenir, le deuil de son milieu de vie, etc.
Par ailleurs, le Dr Chadi rappelle que le trouble de stress post-traumatique – qui, dans ce cas-ci, serait causé par des catastrophes naturelles – est l’un des plus grands facteurs de risque d’utilisation de substances pour tenter d’apaiser la détresse.