«Des changements intéressants mais pas majeurs»
L’ensemble des études analysées par l’équipe du professeur Dumais, qui est aussi chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, portaient sur des interventions dont l’efficacité a été mesurée après la thérapie et jusqu’à 12 mois ensuite.
Par exemple, pour le traitement de l’abus d’alcool, des études mesurant l’effet d’une brève intervention auprès d’adolescents et d’adultes ont montré de légères réductions de la fréquence de consommation ou encore de faibles diminutions de la quantité d’alcool ingérée au cours des premiers mois, mais il n’est pas clair si l’effet persistait après 6 ou 12 mois. Les études sur la thérapie cognitivo-comportementale seule n’ont révélé aucune différence statistique quant à l’effet sur la diminution de la fréquence de consommation ou de la quantité d’alcool prise, mais il y avait un effet modeste lorsque la thérapie était combinée avec une entrevue motivationnelle.
Pour le traitement de la dépendance au cannabis, les brèves interventions psychothérapeutiques n’ont eu qu’une influence négligeable, tandis que la thérapie cognitivo-comportementale associée aux approches motivationnelles réduisaient modérément la fréquence de consommation quatre mois après l’intervention.
Dans le traitement des dépendances aux stimulants, certaines études ont montré que l’approche cognitivo-comportementale a permis de réduire le nombre de jours où les participants consommaient des amphétamines au cours d’un mois, tandis que les thérapies axées sur la gestion de contingence ont permis de diminuer la consommation de stimulants durant l’intervention, mais l’abstinence n’a pas été maintenue dans les mois suivant la thérapie.
Enfin, les approches motivationnelles n’ont produit aucun effet significatif sur la consommation abusive de benzodiazépines, tandis que la thérapie cognitivo-comportementale combinée avec une baisse graduelle des doses de benzodiazépines ont permis à certains participants de demeurer abstinents pendant une période n’excédant pas trois mois.