Le droit est d’abord affaire de juridiction et de territoire
D’entrée de jeu, Nicolas Vermeys souligne que, contrairement à la médecine ou à d’autres domaines scientifiques, le droit est une discipline qui s’applique à une région ou à un territoire donné.
«Par exemple, le droit criminel canadien ne s’applique qu’au Canada, tout comme le droit civil québécois, qui ne s’applique que dans la province», indique-t-il.
Ainsi, bien qu’il soit possible d’entraîner un outil d’intelligence artificielle générative de contenu, le risque que l’outil donne des renseignements de nature juridique erronés est réel «d’autant plus que le Québec est sous-représenté dans l’éventail de ces informations et données utilisées pour entraîner ces algorithmes», ajoute Nicolas Vermeys.
Un autre bémol relatif à l’usage en droit d’outils tel ChatGPT a trait à leur conception même. «ChatGPT est conçu pour fournir la réponse la plus probable à une question et non la meilleure réponse, de sorte que les résultats qu’il offre peuvent être faux: j’ai demandé à l’outil de citer mes cinq publications les plus importantes et il m’a dirigé vers quatre publications qui n’existaient pas, tandis que la cinquième n’était pas de moi!» fait remarquer celui qui dirige le Centre de recherche en droit public de l’UdeM.
L’arrivée de l’IA générative de contenu soulève la question du contrôle du contenu qu’elle peut proposer.
«Entre autres, qui sera tenu pour responsable si ChatGPT utilise du contenu protégé par des droits d’auteur? demande Nicolas Vermeys. La même question pourrait se poser dans l’éventualité où ce genre d’outils produit une réponse comportant des renseignements personnels.»