Une équipe dirigée par le chercheur Gilbert Bernier, de l’Université de Montréal et du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, a mis au point une méthode pour effectuer des transplantations rétiniennes à partir de cellules souches sur des minicochons aveugles. Ces animaux ont montré des signes de vision restaurée, ce qui constitue une avancée prometteuse pour les humains également. Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 décembre 2024 dans la revue Development.
Des millions de personnes dans le monde souffrent de maladies dégénératives de la rétine. Dans la plupart des cas, la perte de vision est due à des dommages à la macula, une région centrale de la rétine riche en cônes photorécepteurs – des cellules essentielles pour percevoir les couleurs et les détails fins. Bien que la qualité de vie soit alors grandement altérée, il n’existe actuellement aucun traitement approuvé pour remplacer la macula endommagée.
Pour réaliser cette avancée, l’équipe du professeur Bernier a conçu une méthode permettant d'amener les cellules souches à former des couches cellulaires reproduisant la structure de la rétine humaine. Ces cellules souches, appelées cellules souches pluripotentes induites humaines, sont des cellules adultes «reprogrammées» capables de se différencier en n’importe quel type cellulaire. Grâce à ces cellules, l’équipe a créé des «feuillets rétiniens» enrichis en versions immatures de cônes photorécepteurs, qui peuvent devenir matures lorsqu’ils sont cultivés en laboratoire.
Après avoir créé ces feuillets en laboratoire, les scientifiques ont entrepris la délicate tâche de les greffer sur des miniporcs présentant une macula endommagée.
Le professeur explique que, «pour nous rapprocher autant que possible d’une application clinique humaine, nous avons choisi des miniporcs, dont la taille des yeux est proche de celle des humains et dont le poids est similaire. Ainsi, toutes les chirurgies de notre étude ont pu être réalisées par un chirurgien rétinien».