Un pont entre les reins et le cerveau
Les mécanismes qui lient l’insuffisance rénale à la cognition et à la neurodégénérescence ne sont toutefois pas encore complètement élucidés. Certes, lorsque les reins sont endommagés et qu’ils ne parviennent pas à filtrer adéquatement le sang, les déchets ont un effet sur le cerveau.
Mais ce n’est pas la seule explication, souligne Shady Rahayel. Par exemple, la cause première d’insuffisance rénale est le diabète et cette maladie engendre des problèmes vasculaires qui créent aussi des dommages au cerveau. Il y aurait donc plus, car la corrélation entre les fonctions rénale et cognitive subsisterait même lorsque le facteur vasculaire est isolé. C’est d’ailleurs ce que l’atrophie du cerveau – révélée par imagerie cérébrale – semble indiquer.
«Nous avons mesuré l’épaisseur du cortex cérébral à 50 000 endroits et, même si les sujets n’avaient pas reçu de diagnostic d’insuffisance rénale, on voyait déjà qu’une faible fonction rénale était associée à une atrophie du cerveau. Or, on sait qu’une atrophie est liée à la neurodégénérescence, aux démences et à la maladie d’Alzheimer, notamment. C’est ce que l’axe de recherche “rein-cerveau” tente d’éclaircir: mieux connaître les régions du cerveau qui sont les plus touchées par une fonction rénale altérée et, ultimement, pouvoir proposer des interventions ciblées», conclut le professeur.