Trois professeurs en début de carrière de l’Université de Montréal figurent parmi les 26 scientifiques sélectionnés cette année par Brain Canada dans le cadre du programme Futurs leaders canadiens de la recherche sur le cerveau. Shady Rahayel, Sami Obaid et Thomas Parmentier recevront chacun 100 000 $ pour mener des projets sur les maladies neurodégénératives, les connexions cérébrales et la communication entre neurones.
Lancé en 2019, le programme soutient des projets exploratoires en recherche sur le cerveau et la santé mentale. Il est soutenu notamment par la Fondation Azrieli et Brain Canada, par l’entremise du Fonds canadien de recherche sur le cerveau.
Repérer les signes précoces de maladies neurodégénératives
Professeur au Département de médecine de l’UdeM et chercheur à Santé Québec Nord-de-l’Île-de-Montréal – Universitaire, Shady Rahayel travaille sur le trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé.
Cette affection, qui peut amener les personnes à bouger quand elles rêvent ou à reproduire des gestes associés à leurs rêves, est considérée comme l’un des signes précurseurs les plus importants de certaines maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy.
Shady Rahayel étudiera plus particulièrement le rôle du fer dans le cerveau au cours de cette phase précoce des atteintes neurodégénératives. Son équipe utilisera une technique d’imagerie par résonance magnétique qui peut fournir des indices sur la présence de fer dans les tissus cérébraux.
Explorer le rôle de vestiges viraux dans les neurones
Le projet de Thomas Parmentier, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire, porte sur les rétrovirus endogènes.
Ces séquences génétiques proviennent d’anciennes infections virales intégrées au génome au cours de l’évolution et représentent environ huit pour cent du génome humain. Longtemps considérées comme de l’«ADN poubelle», certaines sont pourtant actives dans les neurones.
Thomas Parmentier veut déterminer si elles participent à la communication entre les cellules nerveuses. Son équipe étudiera pour cela les vésicules extracellulaires, de petites structures libérées par les cellules qui transportent différentes molécules vers leurs voisines.
Ces travaux pourraient contribuer à mieux comprendre certaines maladies neurodégénératives, puisque des dérèglements de l’expression de ces séquences ont notamment été associés à la sclérose latérale amyotrophique et à la sclérose en plaques.
Cartographier les fonctions de la matière blanche
Sami Obaid, professeur adjoint de clinique au Département de chirurgie de l’UdeM et neurochirurgien à Santé Québec – CHUM, s’intéresse à la matière blanche du cerveau, formée en grande partie de faisceaux de fibres nerveuses qui relient différentes régions cérébrales.
Le chercheur utilisera la stéréoélectroencéphalographie, employée chez certaines personnes atteintes d’épilepsie résistante aux médicaments. Des électrodes implantées temporairement dans le cerveau permettent alors de localiser l’origine des crises, mais aussi de stimuler certaines voies de la matière blanche et d’en observer les effets.
En combinant ces données avec des techniques d’imagerie avancée, Sami Obaid souhaite créer un atlas fonctionnel détaillé de ces connexions. Cette cartographie pourrait notamment aider les neurochirurgiens à mieux repérer et préserver certaines voies essentielles lors d’interventions.