Des appels mystères pour tester le terrain
Pour mesurer l’accessibilité à ces services en optométrie de manière réaliste, les chercheurs ont eu recours à une méthode bien connue en santé publique: les patients simulés. Entre mai et juin 2022, Catherine Binette et Ariane Duchesne, alors étudiantes à l’École d’optométrie, ont appelé, du mardi au jeudi, 95 cliniques d’optométrie en se faisant passer pour de nouvelles patientes inquiètes. Elles avaient élaboré deux scénarios. Dans le premier, il était question d’un œil rouge et donc d’une possible conjonctivite. Dans le second, on avançait des symptômes plus inquiétants: des flashs lumineux et des corps flottants, qui évoquaient un risque de déchirure rétinienne. «Ces deux situations sont fréquentes en clinique. On voulait couvrir différents degrés de gravité, allant du cas commun, plus léger, au plus lourd, qui peut avoir des répercussions importantes sur la vision», explique Benoît Tousignant.
L’étude aurait pu se faire différemment. «On aurait pu simplement demander aux cliniques si elles acceptent de traiter les urgences, mais on risquait alors d’obtenir des réponses biaisées par le désir de bien paraître», poursuit-il.