Bien plus qu'une question d'âge
À quel moment la baisse de testostérone devient-elle problématique? Difficile à dire. Les hormones hypophysaires qui régulent la sécrétion de testostérone et la fertilité – la LH (hormone lutéinisante) et la FSH (hormone folliculostimulante) – sont sécrétées de façon pulsatile et demeurent très sensibles aux variations extérieures. «L'axe reproducteur est extrêmement fragile», dit la Dre Lavoie.
L'erreur la plus commune revient à attribuer de façon systématique la baisse de testostérone au vieillissement, alors que deux pour cent des cas d'hypogonadisme sont liés uniquement à l'âge, soutient la Dre Lavoie. Les causes de cette chute peuvent être multiples: diabète, embonpoint, stress, dépression, troubles de l'hypophyse, médicaments… «Avant de parler d'andropause, il faut chercher la cause sous-jacente, souligne-t-elle. Je vois souvent des hommes en réévaluation qui ont été traités trop vite avec de grosses doses de testostérone, sans que l'on connaisse la raison de cette baisse hormonale. Je m'assois avec eux, je passe en revue leur histoire clinique et l’on recommence tout de zéro.»
Une chose est sûre, selon la spécialiste: «L'andropause, comme la ménopause, n'est pas une maladie, mais un processus naturel du vieillissement, qui peut nécessiter du soutien chez les hommes si cette baisse de testostérone s’accompagne d’un syndrome clinique.»