Le Québec sous la loupe
Si certaines études sur l’accessibilité des jeux de hasard et d’argent avaient été faites dans quelques régions sociosanitaires, l’équipe a voulu cette fois étendre le tableau à l’ensemble du Québec. «Nous avons décidé de nous joindre à Marie-France et à Yan Kestens, de l’UdeM, pour créer un indice d’accessibilité et un indice de vulnérabilité aux jeux de hasard et d’argent pour la province», résume Éric Robitaille.
L’indice d’exposition au jeu combine ainsi la densité des lieux où l’on peut jouer, leur accessibilité et le risque théorique des jeux. «La littérature indique que certains jeux sont plus dangereux», dit-il. En effet, certains activent plus fortement que d’autres le circuit de la récompense et augmentent le risque de dépendance. «Si vous achetez un billet de loto et que vous devez attendre à la fin du mois pour savoir si vous avez gagné, ça risque moins de vous rendre dépendant que si vous jouez à une machine à sous qui donne des récompenses très rapidement», illustre Marie-France Raynault.
Plutôt que d’utiliser un indice existant, les chercheurs en ont créé un spécifique à ces défis. Leur indice de vulnérabilité au jeu repose donc sur six indicateurs socioéconomiques pondérés associés au jeu problématique. Il a été conçu à partir d’enquêtes sur les personnes les plus à risque de jouer.
Ces deux indices ont ensuite été combinés pour cerner les zones où convergeaient vulnérabilité et exposition. «C’est là où il faudrait mettre des énergies», dit Marie-France Raynault. Sans surprise, dans les zones touchées par la pauvreté, les résidants avaient accès à plusieurs types de jeux. «Les zones de concentration de pauvreté en milieu urbain sont plus à risque; l’exposition est plus grande et, à jeu égal, il y a plus de conséquences sur les finances personnelles chez les personnes à faible revenu», affirme-t-elle.