À quelques semaines du scrutin du 5 octobre, l’économie, le coût de la vie, le logement et la santé occupent déjà une place importante dans les discours des partis politiques québécois. La guerre tarifaire avec les États-Unis pourrait contribuer à maintenir les questions économiques au cœur de la campagne. Et la question constitutionnelle pourrait effectuer un retour sur le devant de la scène.
Les partis cherchent en effet à attirer l’attention sur les enjeux qui correspondent à leur image et sur lesquels ils sont perçus comme compétents tout en limitant leur traitement des questions qui pourraient favoriser leurs adversaires.
C’est cette «bataille des enjeux» que décortiquent les politologues Marc-Antoine Martel, chercheur postdoctoral aux départements de science politique de l’Université d’Århus et de l’Université Laval, et Richard Nadeau, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal, dans La bataille des enjeux électoraux au Québec, qui vient de paraître aux Presses de l’Université de Montréal. En analysant les communications des principaux partis lors des campagnes de 2012 à 2022 (communiqués de presse, publications Facebook et messages sur Twitter), les auteurs montrent comment les formations politiques tentent de façonner l’ordre du jour électoral et de se différencier les unes des autres.
Richard Nadeau et Marc-Antoine Martel ont accepté de répondre à nos questions.