L'IA à l'école: une table ronde pour arrimer éducation et marché du travail

En 5 secondes La communauté universitaire est invitée à assister à la table ronde «Apprendre et travailler à l’ère de l’IA: la réponse de l’école aux besoins du marché du travail», qui aura lieu le 4 février.
Les trois quarts des étudiantes et étudiants de 16 ans et plus utilisent l'IA dans un contexte scolaire et 60 % le font régulièrement. À l'université, seulement 1 % des étudiants et des étudiantes n'y ont jamais recours, tandis que 71 % l'emploient de façon régulière.

Comment l'école québécoise peut-elle préparer efficacement les citoyens de demain à évoluer dans un monde où l'intelligence artificielle (IA) est en train de transformer le travail et l'apprentissage? C'est la question au cœur d'une table ronde gratuite organisée par la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal le 4 février. 

L'activité, qui se tiendra en formule hybride de 18 h à 20 h, réunira des spécialistes des sciences de l'éducation et de l'IA dans les milieux de travail qui discuteront du rôle des établissements scolaires et des organisations dans l’acquisition des compétences numériques, notamment les connaissances sur l’intelligence artificielle. 

Cinq experts de divers horizons participeront aux échanges: Hugo G. Lapierre, professeur au Département de psychopédagogie et d'andragogie de l'UdeM, Alexandra Coutlée, consultante et formatrice en transformation numérique également connue sous le nom de la Geek de service, Simon Duguay, enseignant au secondaire et chargé de cours à l'Université Laval, Alain Lavoie, président-directeur général et cofondateur de LexRock AI et membre du Conseil de l'Université de Montréal, et Luc Lespérance, de HEC Montréal. 

 

Des constats qui étonnent  

Les données récentes sur l'utilisation de l'IA par les étudiants québécois donnent la pleine mesure de l'urgence d'agir. Selon un sondage SOM–Radio-Canada rendu public en janvier, les trois quarts des étudiantes et étudiants de 16 ans et plus utilisent l'IA dans un contexte scolaire et 60 % le font régulièrement. À l'université, seulement 1 % des étudiants et des étudiantes n'y ont jamais recours, tandis que 71 % l'emploient de façon régulière. 

Cette adoption massive de l’intelligence artificielle soulève des questions fondamentales: le personnel enseignant est-il outillé pour encadrer cette utilisation? Les établissements scolaires forment-ils adéquatement les futurs travailleurs aux compétences recherchées par les entreprises? Comment élaborer une approche à la fois efficace et critique de cette technologie? 

Trois piliers pour une véritable connaissance de l’IA

Spécialiste de l'intégration des technologies numériques en éducation et de la maîtrise des connaissances sur l’IA chez les jeunes, Hugo G. Lapierre distingue trois composantes essentielles à posséder.  

D'abord, une compréhension fondamentale du fonctionnement de l'IA: comprendre le rôle clé des données dans l’apprentissage automatique, différencier les types d'apprentissage automatique, savoir comment fonctionnent des réseaux de neurones, etc. 

Vient ensuite l'utilisation efficace de ces outils, notamment par la rédactique (promt engineering), l’art de structurer et d'affiner les consignes textuelles pour obtenir des résultats pertinents. «Il est possible pour les élèves comme pour le personnel enseignant d’acquérir des compétences pour optimiser leurs interactions avec l’IA», soutient le professeur, qui intègre systématiquement cet apprentissage à ses cours en concevant des activités qui visent à repérer les contextes où l’IA apporte une réelle valeur ajoutée. 

Enfin, le développement d’un esprit critique face aux enjeux éthiques, légaux et environnementaux liés à l'IA. Pour Hugo G. Lapierre, il s'agit de former non seulement de meilleurs utilisateurs de cette technologie, mais aussi des citoyens capables de la critiquer. 

 

De la classe à l’entreprise 

Le professeur travaille actuellement à l’élaboration d'une trousse pédagogique destinée aux enseignants du primaire et du secondaire. Elle permettra de réaliser des activités clés en main avec les élèves sur les jeux de données, les algorithmes classiques et l'apprentissage automatique, en privilégiant la manipulation et les jeux de rôle.  

«Nous voulons renforcer, chez les élèves comme chez le personnel enseignant, une compréhension fondamentale du fonctionnement de ces outils afin de soutenir des usages pédagogiques à la fois pertinents et éclairés», explique-t-il. 

Cette approche vise aussi à joindre les milieux moins favorisés, qui disposent de moins de ressources numériques.  

S’il encourage lui-même ses étudiants et étudiantes à recourir à l’IA dans certains contextes, Hugo G. Lapierre les amène à se servir de leur propre intelligence lorsqu’il est question de réflexion pédagogique.  

 

Un dialogue nécessaire entre éducation et marché du travail 

Les discussions du 4 février porteront sur les initiatives dans les réseaux scolaires primaire et secondaire, les défis d'intégration pédagogique du numérique par le personnel enseignant, les compétences recherchées sur le marché du travail et le rôle de l'école quant à la maîtrise des connaissances sur l'IA. 

«La Faculté des sciences de l'éducation de l’UdeM a un grand rôle à jouer, qui est celui de qualifier la future cohorte de citoyens pour le milieu du travail et l'IA est une compétence transversale qui est souvent peu évaluée et sur laquelle peu travaillent», conclut Hugo G. Lapierre, qui se réjouit de ce dialogue entre le monde de l'éducation et celui des affaires. 

 

Aide mémoire 

Quoi? Table ronde «Apprendre et travailler à l’ère de l’IA: la réponse de l’école aux besoins du marché du travail» (en mode hybride) 

Quand? Mercredi 4 février, de 18 h à 20 h 

Où? Salle B-259 du pavillon Marie-Victorin (90, avenue Vincent-D'Indy) ou en ligne  

Coût? Aucun 

Pour en savoir plus ou s’inscrire 

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