«Un des grands avantages d’une chaire, c’est de pouvoir entreprendre des projets qui s’étendent sur des horizons de temps plus longs», poursuit Etienne Laliberté, qui se dit extrêmement reconnaissant de cette générosité. Plusieurs autres chercheuses et chercheurs seront associés à la Chaire, notamment David Rolnick, professeur associé au Département d’informatique et de recherche opérationnelle et spécialiste de l’IA appliquée à l’environnement. «Pour que l’IA puisse profiter à des domaines tels que l’écologie, on ne doit pas travailler en silo», souligne Etienne Laliberté, qui espère que la Chaire encouragera les échanges. Les travaux d’Hugo Larochelle lui-même, qui est aussi directeur scientifique de Mila – l’Institut québécois d’intelligence artificielle –, ont d’ailleurs contribué à concevoir les modèles qu’Etienne Laliberté et son équipe utilisent.
Suite logique des travaux antérieurs du professeur de sciences biologiques, la programmation scientifique de la Chaire se divise en trois axes. D’abord, la mise au point de nouveaux modèles d’IA qui traiteront les images de drones à haute résolution et à faible coût. «On ne peut pas appliquer dans les zones tropicales ce qui existe déjà parce qu’il manque de données de qualité pour ces régions du monde», explique le chercheur, qui participera à la collecte de ces données.
Ces modèles serviront ensuite à améliorer la science de l’écologie végétale en vue de cartographier les espèces, d’en découvrir de nouvelles, de connaître leur distribution, leur abondance et même leur réponse aux changements climatiques et environnementaux. Le troisième axe de recherche mettra l’IA au service de la conservation. «Nous voulons aider les organismes de conservation et travailler avec les communautés autochtones pour leur donner des outils qui leur permettront de cartographier avec plus de précision leur propre forêt», résume Etienne Laliberté.
Parce que, au-delà de l’avancement de la science, le chercheur souhaite avoir une influence sur les luttes environnementales et sociales. «L’humanité fait face à des défis environnementaux complexes. On a donc besoin d’un maximum d’intelligence pour les relever. L’IA est l’une de ces formes d'intelligence», croit Hugo Larochelle.