Après avoir utilisé le labyrinthe en croix surélevé, dont certaines zones sont difficiles à interpréter pour les souris, l’équipe a opté pour un labyrinthe à allées successives offrant une progression linéaire vers des compartiments de plus en plus aversifs. Dans ce contexte, l’activité calcique des astrocytes augmentait graduellement à mesure que les rongeurs avançaient, ce qui reflétait leur perception croissante de la menace.
«Certaines ne sont pas allées très loin, d’autres sont restées au milieu, et d’autres sont allées jusqu’à la fin», explique Ciaran Murphy-Royal, également professeur adjoint au Département de neurosciences de l’UdeM. «Les souris les plus anxieuses atteignent le niveau d’activité maximale bien plus tôt et dès qu’elles l’atteignent, elles arrêtent d’explorer. Ces souris présentent d’ailleurs un niveau d’anxiété élevé et constant dans différents tests, ce qui correspond à ce que l’on qualifie chez l’humain d’anxiété-trait.»
L’équipe a ensuite étudié la manière dont le cerveau réagit lorsqu’un élément nouveau est introduit dans un environnement devenu familier. Résultat: les astrocytes se sont adaptés très rapidement. Après une seule exploration, le signal d’alerte disparaît dès que l’environnement est perçu comme non menaçant, ce qui suggère que les astrocytes sont rapides et dynamiques. Dans l’amygdale basolatérale, leur activité calcique liée à l’anxiété s’est révélée plus précise que celle des neurones, pourtant très actifs.
Les chercheuses et chercheurs ont alors utilisé ce signal pour entraîner un décodeur capable de détecter si une souris se trouvait dans une zone anxiogène. Fait marquant, le signal des astrocytes s’est avéré plus performant que celui des neurones pour prédire la position des souris dans un autre labyrinthe. En manipulant directement l’activité calcique des astrocytes, l’équipe de Ciaran Murphy-Royal a montré un lien causal: lorsque le niveau de calcium était plus élevé, les souris adoptaient un comportement nettement plus anxieux.