Prix d’engagement social étudiant: des initiatives qui ont du cœur

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes La 5ᵉ édition des prix Carsley-Rouleau et des prix facultaires pour l’engagement social récompense cinq étudiantes en médecine pour des projets ancrés dans la communauté et porteurs de changement.
Les récipiendaires des prix Carsley-Rouleau et prix facultaires d’engagement social de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal

Chaque année, la Faculté de médecine souligne l’engagement remarquable d’étudiantes et d’étudiants auprès de populations vulnérables. Cette année, cinq lauréates se partagent près de 44 000 $ en bourses, en reconnaissance de leurs actions qui font une différence sur le terrain.

Prix Carsley-Rouleau pour l’engagement social (12 000 $)

Nada Barakat, étudiante en médecine, est instigatrice de La Madone, un projet qui a transformé un local austère et sous-utilisé d’un centre jeunesse en un espace sécurisant et stimulant pour des enfants de 6 à 12 ans. 

Dans un centre jeunesse de Trois-Rivières où elle donne de son temps, Nada remarque un local froid et sous-utilisé, mal adapté aux besoins des jeunes. Celle qui a dû développer très tôt un sens aigu des responsabilités pour soutenir sa famille pendant la maladie de son père y voit le potentiel d’un véritable refuge. Elle décide de donner une âme et un nom à ce lieu oublié. C’est ainsi qu’elle co-conçoit La Madone, un espace pensé pour apaiser et soutenir ses petits protégés. Coin lecture, espace sensoriel, ateliers créatifs, zones de jeux: chaque section répond à un objectif précis de régulation et de développement socio-émotionnel. Soutenue par un fabuleux travail d’équipe, Nada pilote l’ensemble du projet, de l’analyse des besoins à la coordination de l’aménagement, en passant par le budget, la recherche de partenaires et la mobilisation de bénévoles. Aujourd’hui, une cinquantaine d’enfants fréquentent La Madone et participent aux mille et une activités qui y sont offertes. L’initiative a également eu des retombées positives pour le personnel du centre, avec qui Nada avait déjà établi un lien de confiance grâce au projet Sapin des Fêtes

Ce projet n’aurait jamais été possible sans l’engagement de bénévoles et de partenaires. Au-delà d’un simple réaménagement, La Madone a permis la création d’un espace pensé pour réparer et soutenir des enfants vulnérables.

Nada Barakat, étudiante en médecine

Djazya Yettou, étudiante en médecine, est instigatrice de Cœurs au chaud, un projet qui vient en aide aux personnes en situation d’itinérance à Montréal par la collecte et la distribution d’articles d’hiver et de repas chauds. 

L’hiver frappe plus durement celles et ceux qui vivent dans la rue. Animée par un profond engagement envers les populations vulnérables, Djazya a voulu leur venir en aide. Avec Cœurs au chaud, elle mobilise la communauté étudiante de la Faculté de médecine pour préparer et distribuer des trousses hivernales ‒ vêtements chauds, produits d’hygiène, collations ‒ et organiser des tournées de repas chauds. Au-delà de l’aide matérielle, le projet vise à préserver la dignité des personnes dans le besoin. Djazya en pilote chaque étape: collecte de fonds, partenariats, logistique, recrutement et coordination des bénévoles. Son parcours personnel, marqué par les inégalités sociales et les réalités migratoires, a façonné chez elle la conscience des obstacles qui freinent l’accès aux soins et aux ressources de base. Par son énergie rassembleuse et ses talents d’organisatrice, Djazya crée des ponts et transforme l’indignation en action.

Cœurs au chaud a permis de faire émerger une véritable culture d’entraide. C’est une façon de rappeler à des personnes souvent invisibilisées qu’elles méritent chaleur et considération.

Djazya Yettou, étudiante en médecine

Prix de la Faculté de médecine pour l’engagement social

Catégorie Leadership exceptionnel – 8000 $

Merveille Moungang Djifo, étudiante en médecine, présidente de l’aile jeunesse de l’Association médicale des Noirs du Québec (AMNQ), souhaite accroître la représentation des communautés noires dans les professions de la santé. 

Arrivée au Québec à 19 ans, en pleine pandémie, Merveille découvre la fragilité du statut d’étudiante internationale, mais aussi la force de la solidarité. Préposée aux bénéficiaires en unité COVID, elle mesure l’importance du soin, de même que l’ampleur des inégalités sociales en santé. Ce constat la pousse à agir. À la tête de l’aile jeunesse de l’AMNQ depuis plus de quatre ans, elle structure un programme de mentorat qui accompagne aujourd’hui plus de 40 jeunes. Elle organise des tournées scolaires, participe à l’élaboration d’un plan d’action facultaire, qui a mené à l’admission de dizaines d’étudiantes et étudiants noirs en médecine, et mobilise des partenaires, dont Héma-Québec, pour augmenter l’inscription de donneurs noirs au Registre des donneurs de cellules souches. Merveille agit ainsi à l’interface des milieux communautaires, universitaires et institutionnels. 

Augmenter la représentation en santé, c’est sauver des vies à long terme. C’est redonner aux jeunes le droit de se projeter dans des espaces où ils ne se voyaient pas.

Merveille Moungang Djifo, étudiante en médecine

Catégorie Leadership inspirant – 6000 $

Nadine Dababneh, étudiante en médecine, est cofondatrice et présidente du projet A.I.M. (Aide à l’intégration en Mauricie), destiné à soutenir les familles immigrantes et les personnes marginalisées dans leur parcours d’intégration.

Pour Nadine, qui a connu l’immigration et les barrières linguistiques, culturelles et institutionnelles, les déterminants sociaux de la santé façonnent l’accès aux soins, à l’emploi, à l’éducation et au sentiment d’appartenance. Plutôt que de demeurer témoin de ces obstacles, elle a choisi l’action en créant A.I.M. L’initiative se décline en une série de dix ateliers qui abordent chacun des besoins essentiels: marché du travail, système de santé, prévention, francisation, santé mentale, activité physique et socialisation. Le projet a rejoint plus de 300 participantes et participants, mobilisé une cinquantaine d’étudiantes et étudiants bénévoles et rassemblé une dizaine d’organismes communautaires de la Mauricie. Nadine en assure la conception, la planification, la coordination des partenaires, le recrutement des bénévoles et le suivi des retombées. Au-delà des ateliers, A.I.M. a créé un réseau et transformé l’isolement en appartenance. 

Mon ambition est de bâtir des ponts entre le milieu médical et les communautés immigrantes.

Nadine Dababneh, étudiante en médecine

Béatrice Ferri, étudiante en médecine, est présidente de Halo Mouvement, un projet de soutien aux enfants en soins palliatifs pédiatriques du Phare, Enfants et Familles

Pour Béatrice, la vulnérabilité des enfants malades exige une présence de tous les instants et une bonne dose d’humanité. Formée en sciences biomédicales, puis engagée dans une maîtrise en pharmacologie sur la prématurité et l’inflammation périnatale, elle exerce un leadership à la croisée de la recherche et de l’action communautaire. À la tête de Halo depuis quatre ans, elle a transformé une initiative locale en mouvement interuniversitaire actif à l’UdeM, à McGill et à l’Université Laval. Elle supervise la planification stratégique, la gestion financière, les partenariats institutionnels et la coordination d’un comité directeur de 12 membres, en plus d’une trentaine de bénévoles. Le projet offre un soutien aux enfants lourdement handicapés et à leurs familles: ateliers sensoriels, musicaux et récréatifs adaptés, présence mensuelle, répit pour les proches. Environ 120 enfants sont rejoints annuellement, et près de 10 000 $ sont amassés chaque année pour soutenir la mission du Phare. Béatrice participe elle-même aux activités auprès des enfants et à la formation des bénévoles. 

S’engager auprès de ces enfants, c’est apprendre à soigner avec compétence, mais surtout avec présence. Chaque geste compte, pour eux, comme pour leurs familles.

Béatrice Ferri, étudiante en médecine

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