Gabrielle Cadotte, lauréate de «Ma thèse en 180 secondes»

En 5 secondes Gabrielle Cadotte remporte le premier prix du concours «Ma thèse en 180 secondes».
De gauche à droite: Karlee Lefebvre, Florence Piché, Gabrielle Cadotte, Lyna Hanafi et William Jubinville

Sous la conduite de la maîtresse de cérémonie Isabelle Craig, animatrice et réalisatrice à Radio-Canada, 19 candidates et candidats ont pris part aux finales institutionnelles des concours de vulgarisation scientifique Ma thèse en 180 secondes et Three Minute Thesis le 12 mars afin de représenter peut-être l’Université de Montréal aux finales nationales des deux concours. 

Le jury était constitué d’Andrée-Ann Baril, professeure à la Faculté de médecine, d’Anne-Noël Samaha, professeure au Département de pharmacologie et physiologie, de Daniel Lévesque, professeur à la Faculté de pharmacie et vice-recteur associé aux études supérieures et postdoctorales, d’Antoine Zboralski, professeur au Département de sciences biologiques, et de Luc Arsenault, metteur en scène et anciennement formateur aux Études supérieures et postdoctorales. 

Durant cet exercice de vulgarisation scientifique, les étudiantes et étudiants avaient trois minutes seulement et une seule diapositive pour présenter leur projet de recherche à un public non spécialiste. 

Les commotions cérébrales chez les athlètes féminines de sports artistiques

Gabrielle Cadotte, doctorante en sciences de l’activité physique, a remporté le premier prix pour sa présentation intitulée: «Et si, derrière chaque sourire, chaque geste maîtrisé, se cachait une réhabilitation douloureuse et silencieuse des athlètes féminines de sports artistiques après une commotion cérébrale?». Dans sa présentation, elle a comparé la recherche scientifique sur les commotions cérébrales à un immense casse-tête dont plusieurs pièces sont encore manquantes. La majorité des études ont en effet été réalisées auprès d’athlètes pratiquant des sports de contact traditionnellement masculins, comme le football ou le hockey, laissant de côté les réalités vécues par les athlètes féminines dans les sports artistiques tels la gymnastique et le cheerleading. 

Ses travaux montrent que ces athlètes sont très peu représentées dans la littérature scientifique. Et lorsque leurs expériences sont étudiées, elles révèlent des réalités distinctes. Certaines athlètes rencontrées dans le cadre de sa recherche ont notamment confié que leurs symptômes avaient été minimisés ou ignorés. D’autres ont indiqué être retournées à l’entraînement trop rapidement en raison de pressions liées à la performance ou à l’apparence. Les résultats de son étude révèlent également qu’environ 60 % des athlètes féminines qu’elle a interrogées ont déjà subi au moins une commotion cérébrale depuis le début de leur carrière sportive. 

La doctorante se dit surprise et heureuse d’avoir remporté ce concours. «Je ne m’attendais pas à ça, parce qu’il y avait beaucoup de candidats exceptionnels. Ça me met en confiance et ça souligne tous les efforts que j’ai investis dans les dernières années», explique-t-elle. 

Elle souligne aussi que ce concours représentait pour elle un défi important. «Je participe souvent à des conférences scientifiques où l’on présente surtout les méthodes et les résultats de manière très technique. Je voulais relever le défi de vulgariser mes recherches et de les expliquer à n’importe qui, même aux personnes qui ne sont pas dans le domaine de l’activité physique.» 

Autres lauréats

Le deuxième prix du concours Ma thèse en 180 secondes a été décerné à Florence Piché, doctorante en sciences de l’activité physique, pour sa présentation intitulée «Bouger pour sortir de la dépendance». À travers l’exemple fictif de «Gilles», une personne vivant avec un trouble de consommation lié à l’alcool, elle a mis en lumière les multiples défis auxquels font face ces personnes concernant leur santé physique et mentale, leur emploi, etc. Ses travaux indiquent que les personnes vivant avec une dépendance passent souvent plus de 12 heures par jour en position assise, ce qui souligne l’importance d’encourager le mouvement et l’adoption d’habitudes de vie plus actives pour soutenir leur rétablissement. Elle s’intéresse ainsi au rôle que l’activité physique peut avoir dans le traitement des dépendances.  

Pour le concours Three Minute Thesis, le premier prix a été remis à Karlee Lefebvre, étudiante au doctorat en physiologie moléculaire, cellulaire et intégrative, pour sa présentation intitulée «Beating the Montreal Heat: How Older Adults Cope Day to Day?». Sa recherche s’intéresse aux effets des vagues de chaleur sur les personnes âgées vivant à Montréal. Alors que la chaleur est déjà responsable de centaines de décès chaque année au Québec, elle cherche à mieux comprendre comment les conditions de chaleur à l’intérieur des logements affectent la santé des personnes âgées. Au cours des trois prochaines années, son équipe recrutera 120 participants vivant en logements sociaux afin d’étudier leurs conditions de vie durant l’été. 

Le deuxième prix de Three Minute Thesis a été attribué à Lyna Hanafi, étudiante à la maîtrise en sciences psychiatriques et en addictologie, pour sa présentation intitulée «Who’s Breaking the Brain's Brakes? Understanding Motor Inhibition in Tourette’s Syndrome». En utilisant la métaphore d’un système de freinage automobile, elle explique que les personnes vivant avec le syndrome de Tourette pourraient exercer un contrôle moteur excessif, comme si elles appuyaient constamment sur les freins, afin de tenter de maîtriser leurs tics. Ses recherches visent à mieux comprendre ces mécanismes d’inhibition. 

Enfin, le prix du public a été décerné à William Jubinville, doctorant en sciences de la réadaptation, pour sa présentation «Mieux prévenir et réduire l’itinérance en comprenant ses causes invisibles». Sa recherche met en lumière le rôle des lésions cérébrales acquises qui seraient présentes chez 50 % des personnes en situation d’itinérance au Québec. Ces lésions peuvent entraîner des difficultés de mémoire, d’organisation ou de gestion du quotidien, ce qui peut fragiliser leur parcours de vie et contribuer à la perte d’un emploi et d’un logement. 

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