Le laboratoire de Louis-Éric Trudeau devient le premier au Québec à bénéficier d’un don majeur de la Fondation Krembil. Cet appui de 1,7 M$ permettra au professeur du Département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal et chercheur de l’Institut Courtois d’innovation biomédicale de mieux comprendre le fonctionnement des neurones qui produisent la dopamine et comment ils sont perturbés dans la maladie de Parkinson.
La dopamine en ligne de mire
La Fondation Krembil, engagée dans la recherche sur la neurodégénérescence et les maladies auto-immunes et arthritiques, a investi plus de 170 M$ en santé au cours des 20 dernières années, principalement au Canada.
«Les travaux de Louis-Éric Trudeau se distinguent par leur rigueur et leur potentiel de faire émerger de nouvelles pistes de recherche, souligne Kate Williams, directrice scientifique de la Fondation. C’est pourquoi nous appuyons ses recherches, qui pourraient transformer la compréhension de la maladie et ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.»
Au Canada, plus de 120 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson. Les symptômes moteurs découlent en grande partie de la dégénérescence des neurones dopaminergiques, responsables de la production de dopamine. Or, un nombre croissant d’études montrent que des mécanismes inflammatoires et immunitaires, notamment liés aux infections, pourraient perturber ces réseaux neuronaux ou altérer la libération de ce messager chimique.
Agir sur le système immunitaire permettrait-il de freiner la maladie? C’est la question au cœur des travaux de l’équipe. «Grâce au soutien de la Fondation Krembil, nous espérons trouver de nouvelles approches pour prévenir ou ralentir la neurodégénérescence en ciblant le système immunitaire», affirme Louis-Éric Trudeau. Voilà un spectaculaire exemple du pouvoir transformateur de la philanthropie et de la campagne L’heure est brave.
Une technologie de pointe
Pour parvenir à ses fins, l’Institut Courtois d’innovation biomédicale fera l’acquisition d’un appareil de transcriptomique spatiale.
La transcriptomique spatiale marque une avancée majeure dans l’étude des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson. Elle permet de cartographier l’expression génique des cellules tout en préservant leur emplacement dans les tissus cérébraux, offrant une lecture fine de la complexité du cerveau.
Dans ce contexte, cette technologie permet de repérer les profils propres aux neurones dopaminergiques, d’analyser leurs interactions avec les cellules immunitaires et de mieux comprendre les mécanismes à l’origine de leur dégénérescence.
«Parce qu’il est innovant et à haut risque, ce projet a le potentiel de transformer le domaine. S’ils se confirment, ses résultats pourraient mener à de nouvelles cibles thérapeutiques capables un jour de ralentir, voire d’arrêter, la progression de la maladie», conclut le Dr Patrick Cossette, doyen de la Faculté de médecine.