Décrit comme l’ère de l’humain, l’Anthropocène désigne une époque marquée par les effets sur la planète des activités auxquelles il se livre. «Le discours sur l’Anthropocène est centré en ce moment sur l’aspect géologique. Dans mes cours, je l’abordais de façon classique, soit sous l’angle de la délimitation des temps géologiques. Mais peut-on voir ça autrement?» s’est demandé Julie Talbot, professeure au Département de géographie de l’Université de Montréal.
C’est par hasard que la professeure a rencontré Alexandre Klein, professeur au Cégep André-Laurendeau, qui étudiait aussi l’Anthropocène, mais sous l’angle de la philosophie. Au fil de leurs discussions, ils décident de concevoir un cours interdisciplinaire et critique sur l’Anthropocène. «D’où vient ce concept? Vivre dans un tel monde a quelles implications?» s’interroge celle qui commence alors à s’intéresser aux perspectives des sciences sociales sur la question.
Après un séminaire pour les cycles supérieurs et un colloque à l’Acfas, c’est aujourd’hui un livre qui ressort de cette collaboration. «Le cours Perspectives critiques sur l’Anthropocène, qui n’a été donné qu’une seule fois à l’UdeM, a suscité des discussions et des réflexions stimulantes», raconte-t-elle. Par la suite, des membres du comité éditorial de la collection Le monde en poche des Presses de l’Université de Montréal, qui avaient entendu parler du cours, ont suggéré à la professeure de participer à leur plus récent appel de propositions.
Avec Alexandre Klein, Julie Talbot signe donc Le monde en Anthropocène, un ouvrage qui porte un regard interdisciplinaire sur ce thème de l’heure. «J’ai trouvé vraiment intéressant qu’une collection portée par le CÉRIUM [Centre d’études et de recherches internationales de l’UdeM], davantage axée sur la science politique, nous publie. Ça reconnaît les répercussions de ces changements sur les politiques et les relations entre les pays», dit-elle.