Gabrielle Goyet obtient une bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau

En 5 secondes Étudiante en science politique, Gabrielle Goyet a obtenu une bourse doctorale de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.
Gabrielle Goyet, étudiante en science politique à l'Université de Montréal

Gabrielle Goyet a été sélectionnée parmi des centaines d’étudiants et d’étudiantes à travers le pays qui ont soumis leur candidature pour recevoir une bourse doctorale de la Fondation Pierre Elliott Trudeau. Cette bourse peut atteindre 50 000 $ annuellement pendant trois ans en plus de comprendre 20 000 $ par année pour la recherche et les déplacements. Ce soutien financier reconnaît l’excellence de parcours universitaires en sciences humaines et en sciences sociales qui contribuent à l’avancement du Canada et de la société. 

Le projet de doctorat de Gabrielle Goyet consiste à évaluer l’efficacité de la Politique d’aide internationale féministe du Canada en s’intéressant à la manière dont les ambitions institutionnelles se traduisent concrètement dans les réalités vécues par les communautés d’Afrique de l’Ouest.

«Je suis vraiment contente d’avoir obtenu la bourse, avec laquelle je vais pouvoir faire des entrevues sur le terrain, se réjouit-elle. Le téléphone ou la visioconférence ne permettent pas de créer rapidement des liens qui favorisent des discussions approfondies avec les personnes sur leur expérience de vie.»

Elle compte se rendre au moins au Sénégal et en Côte d’Ivoire. 

Un besoin réel

Grâce à son projet de doctorat commencé en septembre, Gabrielle Goyet souhaite apporter une solution à un problème concret. Alors qu’elle était stagiaire à Affaires mondiales Canada en 2023, la Vérificatrice générale du Canada a sorti un rapport qui concluait que les indicateurs du ministère ne permettaient pas de dire si la Politique donnait les résultats escomptés. 

«Ça avait soulevé beaucoup de questions à l’interne, se souvient celle qui, après le stage, a occupé un poste d’analyste en développement international pour le programme régional du Sahel. C’est vrai que, souvent, les indicateurs sont très standardisés et éloignés des réalités du terrain.» 

La doctorante donne l’exemple d’un projet d’autonomisation des femmes au Mali. «L’un des indicateurs sera le nombre de femmes touchées, précise-t-elle. Mais est-ce que cette donnée permet vraiment de voir si un changement durable s’est produit? Pas forcément.» 

Pour évaluer efficacement les projets, la doctorante est convaincue qu’on a besoin de retourner voir les gens et les organisations plusieurs années après qu’ils ont obtenu de l’aide. «Améliorer l’égalité entre les genres prend du temps parce qu’on parle de changements dans les normes sociales et dans les valeurs, explique Gabrielle Goyet. J’aimerais donc montrer dans mon doctorat qu’il faut des indicateurs ancrés dans le long terme pour mesurer correctement l’efficacité d’une politique.»

Des projets constants pour des données fiables 

C’est en 2017 que la Politique d’aide internationale féministe du Canada a été mise en place, alors plusieurs projets ont été menés à bien depuis. La doctorante compte notamment se pencher sur un projet phare du Canada: Voix et leadership des femmes, qui a été reproduit dans plusieurs pays. Il finance des organisations locales de femmes dans les pays en développement. «Je pourrai donc comparer les processus mis en œuvre dans différents pays et les résultats obtenus, indique-t-elle. J’aimerais aussi étudier des changements sur le plan individuel, par exemple discuter avec des femmes qui ont bénéficié de microcrédit dans le milieu agricole.»

Gabrielle Goyet a également choisi de n’évaluer que des projets d’aide bilatérale afin de faire l’impasse sur ceux qui passent par l’Organisation des Nations unies et qui risquent d’avoir subi les contrecoups du désengagement de l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international. «Je vise des projets constants à travers le temps qui me permettront d’avoir des données fiables», affirme celle qui a beaucoup soutenu la cause féministe, en particulier lors de son baccalauréat. 

Elle est maintenant emballée à l’idée de trouver des façons d’améliorer l’efficacité des efforts canadiens dans le domaine de l’aide internationale féministe.

«Pour y arriver, c’est indispensable de pouvoir bien évaluer les projets, conclut Gabrielle Goyet. D’autant plus qu’on est entrés dans une ère que plusieurs qualifient de “polycrise”. Il faut trouver des façons plus résilientes et pérennes de faire du développement et c’est certain qu’il faut s’adresser à plus de 50 % de la population. Et les femmes dans le monde sont souvent dans une situation plus précaire que les hommes.»

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