Les bons conseils de Claire Durand

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  • Le 22 juin 2020

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Claire Durand

Claire Durand

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Claire Durand, professeure au Département de sociologie, est une habituée des cours en ligne. La pandémie ne l’a pas prise par surprise.

Qu’est-ce que les cours en ligne ont entraîné comme plus grand changement pour vous?

J’avais déjà vécu la transition, puisque je donne des cours en ligne depuis 10 ans. Cet hiver, j’ai pu être utile et rendre service aux gens de mon département, notamment en préparant des tutoriels et en organisant des réunions quotidiennes avec mes collègues. J’ai pu les aider à s’adapter et, ce faisant, leur montrer que ce n’était pas si compliqué. 

Comment s’est passée la transition dans votre département?

La première semaine a été déterminante. Un enseignant a donné un cours en ligne à 100 personnes, qui a très bien marché; un autre, un séminaire de maîtrise à 20 étudiants et étudiantes, qui a très bien fonctionné aussi. C’était très rassurant pour la suite.

Quelle mesure de soutien de la Faculté des arts et des sciences vous a été le plus utile?

Assurément l’équipe des superutilisateurs formée par la faculté! Elle tenait des réunions avec des répondants de chaque unité et des technopédagogues. Pour moi, c’était extraordinaire: c’était la première fois en 10 ans qu’on avait une communauté de praticiens constituée d’utilisateurs des mêmes technologies où les enseignants et enseignantes et les technopédagogues échangeaient. 

Que faites-vous pour éviter les complications technologiques?

Je m’assure que la mise en place est faite 20-30 minutes avant le cours et, idéalement, qu’elle est faite par mon auxiliaire d’enseignement. Ainsi, je peux me concentrer sur la matière à donner et non sur la technologie. C’est vraiment une formule qui permet de diminuer le stress et de régler aisément les problèmes qui pourraient survenir. 

Pourquoi avez-vous expérimenté l’enseignement en ligne et à distance avant la pandémie?

D’abord pour rendre les connaissances accessibles. Tous mes cours sont en ligne publiquement. Au début, j’avais seulement un enregistrement que les étudiantes et étudiants écoutaient durant leur trajet en métro pour se préparer à la discussion qui aurait lieu en classe. Des étudiantes et étudiants étrangers moins habitués à notre accent aimaient aussi pouvoir écouter l’enregistrement d’un cours après y avoir assisté. Les commentaires étaient très positifs. Ensuite, les enregistrements ‒ qui ne demandent pas de préparation additionnelle ‒ me permettent de gagner du temps. Si quelqu’un commence un cours à la deuxième semaine du trimestre ou doit manquer une séance, je le dirige vers l’enregistrement pour m’assurer qu’il a tout le contenu. Enfin, pour que tous les étudiants et étudiantes aient les mêmes chances. Quelles que soient leurs contraintes ‒ un enfant malade, une tempête de neige ou un empêchement professionnel ‒, tous peuvent réécouter une leçon. Pour moi, l’enregistrement des cours est une pratique à implanter! Saviez-vous qu’elle est obligatoire en Australie?

Estimez-vous que les cours en ligne sont complémentaires aux cours en présentiel?

Absolument. Les gens sont dans la dichotomie: soit c’est un cours en ligne, soit c’est un cours en présentiel. Moi, je dis que ce n’est pas A contre B, mais bien A+B. 

Quel serait votre message aux nouveaux étudiants et étudiantes ou à ceux qui appréhendent la formule?

Ne craignez pas d’être stressés: c’est normal de vivre du stress dans une situation stressante! Et n’oubliez pas que la meilleure manière de réduire le stress, c’est d’être d’avance. Si vous n’attendez pas la dernière minute pour vous préparer, vous serez sur la bonne voie!

Quel serait votre conseil aux enseignants et enseignantes qui se lancent dans cette formule pour la première fois?

Partez de ce que vous êtes, de ce que vous faites déjà et utilisez la technologie pour soutenir votre enseignement. Tout simplement. La technologie ne change pas la pédagogie. Discutez avec les collègues et les chargées et chargés de cours. N’ayez pas peur de le faire. J’ai appris de tous mes collègues… même de ceux et celles qui n’utilisaient aucune technologie! Profitez-en pour apprendre de nouvelles choses. Vos nouvelles connaissances vous serviront assurément! 

Avez-vous une anecdote à partager?

Oui, une anecdote qui illustre la débrouillardise et l’imagination de nos étudiants et étudiantes. Au dernier trimestre, avant la pandémie, j’ai accepté qu’une étudiante suive un séminaire de maîtrise de chez elle, à Gatineau. Comme tout se passait très bien, j’ai permis à une autre étudiante de faire sa présentation finale de la maison. Il faut dire qu’elle était enceinte de six mois et que tout était glacé dehors. Au moment de la présentation, la bande passante de son Internet résidentiel ne fonctionnait pas. En deux minutes, elle s’est adaptée: elle a fait sa présentation sur son cellulaire en utilisant ses données!

Que faites-vous pour vous changer les idées?

J’ai semé 100 plants de tomates que je vais donner. Je lis beaucoup et uniquement des choses légères. Quand on me demande ce que je lis, je réponds: «Ce que je lis n’est pas important, je lis, tout simplement!»