Aujourd’hui, ce processus est dominé par un acteur, le promoteur immobilier, qui est plus souvent une entreprise qu’un simple individu. Le promoteur se distingue des autres intervenants du développement résidentiel que sont les architectes, les entreprises de construction, les courtiers immobiliers, les investisseurs et prêteurs, par son rôle de maître d’ouvrage et par la fonction de coordination qu’il exerce.
«Cette position de contrôle lui confère le pouvoir important d’influencer, si ce n’est de déterminer, la forme et les conditions du logement urbain et de façonner de manière durable le devenir de la ville», soulignent les auteurs.
Jusqu’au début des années 50, la promotion immobilière était une activité relativement marginale au Canada. Le développement résidentiel y a longtemps été dominé par la pratique non marchande de l’autoconstruction ainsi que par la construction sur commande.
À la fin des années 90 se produisent une mutation dans les pratiques de l’entreprise de promotion immobilière, qui tend à se spécialiser dans d’autres fonctions que la seule construction, et une évolution dans le mode de financement des projets qui repose davantage sur la participation de fonds d’investissement.
On passe ainsi du promoteur de première génération qui s’occupait de la construction à celui de deuxième génération qui la délaisse progressivement jusqu’à celui de troisième génération qui le plus souvent l’externalise en la sous-traitant. Il se concentre alors sur des activités en amont et en aval de celle-ci, devenues plus stratégiques dans le marché compétitif du condominium: la recherche de terrains, la conception du projet, le montage financier, la négociation avec les pouvoirs publics et la mise en marché.
Quant aux sources de financement, celles qui ont longtemps dominé le marché étaient le prêt bancaire et le financement privé par un ou des particuliers. Un troisième acteur, le fonds d’investissement immobilier, a fait son apparition dans le marché résidentiel montréalais et prend de l’importance, ce qui privilégie les projets les plus rentables, soit à grand volume et de forte densité.