«Transit», un rappel de l’âme du lieu
Pour son œuvre Transit, Gwenaël Bélanger a joué sur un rappel de l’historique du terrain du campus MIL, installé sur l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique. Les cafés étudiants aménagés dans des conteneurs rappellent d’ailleurs cet héritage. «J’ai eu l’idée des rectangles pour créer une séquence verticale et, au fil de mes recherches, je suis tombé sur une vue aérienne de la gare de triage. C’était fascinant de voir les wagons de haut, avec leurs couleurs et leurs longueurs différentes», raconte M. Bélanger.
Le vitrail revisité est visible à l’entrée de la bibliothèque du Complexe des sciences. «Ce n’est pas certain que les gens voient des wagons, ce n’est pas le but. C’est un clin d’œil à l’histoire», précise l’artiste. Sur le mur rideau de verre, de longues bandes horizontales de verre coloré sont alignées. Gwenaël Bélanger a travaillé sur la transparence et les couleurs, et a eu recours à une colle spéciale qui réagit à la lumière sans jaunir.
À travers les tons neutres des murs, du plancher et du mobilier (crème, bois, transparence), l’œuvre produit une explosion de couleurs. «C’est comme un cœur qui bat dans la bibliothèque», compare M. Boilard. Le centre de l’œuvre, plus chaud, se diffuse dans les bleutés des contours et il apporte l’idée du mouvement de transformation, «comme l’histoire des sciences», remarque le créateur.
Le corridor offre peu de recul pour apprécier l’œuvre, qui se déploie en forme de demi-sphère, une contrainte avec laquelle Gwenaël Bélanger a dû travailler. De près, on aperçoit les textures, les trames des images floutées et les dégradés des rectangles. Les 3050 fragments ont en effet été créés à partir d’images réelles, de vues aériennes à microscopiques. Au fil des heures et des jours, la couleur et les reflets des fragments de verre varient. De nuit, Transit est rétroéclairée et on la voit alors de l’extérieur. La sphère, qui si elle était complétée ferait la taille de la Biosphère, évoque l’idée d’une planète comme d’une molécule.