Incarner la musique
Doctorante en composition et création sonore à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, Erin Gee s’intéresse aux réactions émotionnelles et physiques que peut susciter la musique. C’est pourquoi elle affectionne particulièrement l’ASMR, une façon de produire des contenus numériques audiovisuels qui provoquent chez l’auditeur des picotements ou des frissons considérés comme agréables.
Cette approche explique également son utilisation de biocapteurs pour mesurer les réactions physiologiques involontaires – sudation, battements cardiaques, activité cérébrale, etc. – pendant l’expérience artistique. Intervient alors le biofeedback, qui fait référence à diverses techniques basées sur la mesure des fonctions organiques afin de mieux comprendre le fonctionnement du corps.
«Pour moi, l’ASMR et le biofeedback m’orientent vers une nouvelle façon de produire des œuvres, une façon plus incarnée, note Erin Gee. On fait souvent une coupure nette entre le corps et l’esprit, mais pourquoi l’écoute de musique ne serait-elle pas une expérience liant les deux? Pourquoi ne pas valoriser autant les sensations physiques que les émotions? Et en utilisant des biocapteurs, je peux exactement dire si les auditeurs sont touchés par la musique, car je vois alors si leur système nerveux autonome s’active.»