Une lumière sur des virus «oubliés»
Pour valider leurs prédictions, M. Poisot et son équipe composée d’experts en virologie, en IA et en santé publique ont vérifié dans la littérature si les virus désignés avaient déjà fait l’objet d’éclosions chez l’humain. Et parmi les 20 virus au potentiel zoonotique le plus élevé, 11 ont effectivement rendu malades des humains.
«Certains virus nous ont vraiment surpris, nous ne pensions pas qu’ils pouvaient se transmettre à l’humain, affirme Timothée Poisot. C’est le cas de l’ectromélie murine, le virus responsable de la variole chez la souris. Notre système lui a donné une probabilité “très élevée” de contaminer l’humain et nous avons constaté qu’il y a bel et bien eu une éclosion de ce virus en 1987 dans une école chinoise, mais qu’elle n’a été répertoriée dans aucune base de données.»
De manière générale, les familles de virus qui ressortent le plus sont notamment les bunyavirus (fièvre de la vallée du Rift), rhabdovirus (rage), filovirus (fièvre Ebola) et flavivirus (dengue, fièvre jaune). «Ce sont toutes des familles qui sont reconnues pour leur risque zoonotique important, mais le modèle peut nous permettre de mesurer le risque à l’intérieur de ces familles de façon plus précise», note Timothée Poisot.