En endurance équestre, les chevaux sont soumis à plusieurs contrôles vétérinaires tout au long de la course, explique la Dre Schambourg. À chaque étape, ils doivent notamment voir leur fréquence cardiaque redescendre sous un seuil précis avant d’être autorisés à repartir.
Cette exigence ouvre alors la porte à des formes de tricherie. «L’administration de faibles doses de bêtabloquants ou de sédatifs peut ralentir artificiellement le rythme cardiaque et permettre au cheval de franchir plus rapidement cette étape cruciale», note la vétérinaire.
Le problème? Ces substances disparaissent rapidement de l’organisme. Lorsqu’un prélèvement sanguin est effectué à la fin de la compétition, plusieurs heures plus tard, elles sont souvent devenues indétectables.
Pour contourner cette difficulté, la FEI a mis au point une nouvelle stratégie de dépistage.
Pendant la course, un échantillon de salive est prélevé sur certains chevaux au moyen d’un dispositif placé brièvement dans leur bouche. Cet échantillon est ensuite présenté à un chien spécialement entraîné à reconnaître l’odeur de molécules interdites. Si l’animal signale une présence suspecte, un prélèvement sanguin est immédiatement réalisé. Celui-ci pourra ensuite être analysé en laboratoire, alors que la substance est encore détectable.
«Le chien ne remplace donc pas le contrôle antidopage classique, il agit plutôt comme un outil de présélection permettant de cibler les cas les plus suspects et d’éviter des analyses coûteuses sur l’ensemble des concurrents», souligne la Dre Schambourg.
… et la douleur
La lutte contre le dopage ne vise pas uniquement les produits qui améliorent la performance.
Dans certaines situations, des substances peuvent être utilisées pour diminuer la sensibilité à la douleur d’un membre. Un cheval blessé ou souffrant risque alors de continuer à galoper sans manifester de claudication, aggravant potentiellement une lésion jusqu’à provoquer une fracture.
Pour répondre à ce problème, la Dre Schambourg a conçu un test d’évaluation de la sensibilité il y a quelques années qui est devenu la méthode de référence de la FEI.
L’examen consiste à appliquer progressivement une pression sur le membre à l’aide d’un dispositif particulier afin de mesurer à quel moment le cheval réagit. Si sa sensibilité semble anormalement faible, il est retiré de la compétition.
«Depuis l’introduction de ce test de sensibilité, on observe une diminution très marquée de la fréquence des fractures graves lors des compétitions concernées. L’effet est également dû à son pouvoir dissuasif, le risque accru d’être détecté décourage vraisemblablement des comportements illicites», estime-t-elle.