Plus de place aux peuples autochtones et aux populations locales
L’un des enjeux de la COP 15 est de favoriser une reconnaissance et une participation accrues des peuples autochtones et des communautés locales (PACL).
Observatrice universitaire ayant assisté aux réunions du groupe de travail sur l’article 8 j) (WG8j) du protocole de Nagoya, qui dispose d’un mécanisme renforcé de participation des PACL, Ingrid Hall espère que ce groupe de travail – dont le mandat arrive à échéance – sera «non seulement reconduit, mais également renforcé de façon que leur participation aux débats soit effective, pleine et entière».
Dans un contexte où la surface des aires protégées devrait être augmentée, pour éventuellement atteindre 30 % des aires terrestres et marines, la question de la gouvernance des territoires protégés est cruciale pour les PACL.
«Pour que ces peuples puissent conserver la biodiversité de leurs ressources, ce dont ils ont fait la démonstration, il faut leur donner des moyens supplémentaires et notamment sécuriser leur accès à la terre et leur permettre de consolider leurs systèmes de gouvernance», dit Ingrid Hall.
«Les discussions porteront aussi sur la façon dont ces ressources sont considérées. En effet, pour les PACL, ces ressources ne sont le plus souvent pas de simples commodités. Elles sont liées à leurs cultures, à leurs conceptions du monde. Ce ne sont pas juste des ressources biologiques, ce sont aussi des ressources bioculturelles», ajoute la chercheuse affiliée au Centre d’études et de recherches internationales de l’UdeM. Le nouveau plan stratégique et la COP 15 pourraient permettre de renforcer les droits dits bioculturels, qui sont déjà reconnus depuis 2010 par le protocole de Nagoya.
Dans un ouvrage qu’Ingrid Hall a coédité et qui est paru en avril dernier, les différents auteurs proposent une vue d'ensemble de l’usage des protocoles bioculturels. Saisissant à la fois juridiquement et dans la pratique les concepts fondamentaux de diversité bioculturelle et de droits bioculturels, ce volume constitue un ajout de taille à la littérature scientifique se rapportant à la conservation de la biodiversité qui pourra alimenter les propos des personnes engagées dans la prise des décisions politiques qui découleront de la COP 15.
Ces outils laissent espérer que les peuples autochtones et les communautés locales pourront dans le futur obtenir de meilleures conditions concernant l’accès à leurs ressources et un partage plus équitable des avantages liés à leur utilisation, même si le chemin sera long et difficile.