Au dispensaire de la communauté atikamekw de Manawan, dans le nord de Lanaudière, certains patients disent avoir hésité à consulter un professionnel de la santé lorsque leur état le requérait. Plusieurs ont vécu de mauvaises expériences par le passé dans le réseau de la santé, notamment des propos ou des gestes racistes.
Cette réalité est également rapportée à Sandro Echaquan, infirmier dans sa communauté depuis maintenant 27 ans. «Il arrive qu’il faille convaincre certaines personnes d'aller à l'urgence. Il y a de la méfiance, il y a une relation de confiance à construire», dit celui qui est aussi professeur adjoint de clinique à la Faculté des sciences infirmières (FSI) de l’Université de Montréal.
Les mauvaises expériences relatées par des patients autochtones dans le réseau de la santé ne datent toutefois pas de la mort de Joyce Echaquan, survenue en 2020 au Centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette, après qu’elle eut filmé les insultes racistes proférées à son endroit par des membres du personnel.
La commission Viens en avait répertorié bien avant son décès. Mais celui-ci les a mises en lumière, qu’il s’agisse de barrières linguistiques, de préjugés ou d’une méconnaissance de leurs réalités.
Pour répondre aux besoins en matière de formation exprimés par le personnel infirmier, la FSI offrira à compter de janvier prochain deux microprogrammes en santé autochtone, l'un consacré aux soins en communauté, l'autre aux soins aux malades en phase critique.
Le projet, rendu possible grâce à une subvention du ministère de l'Enseignement supérieur du Québec, a été mené par le Vice-décanat aux études de premier cycle et au développement professionnel de la FSI. Sandro Echaquan, qui en est l'idéateur, a participé à leur coconstruction avec différents partenaires représentant les Premières Nations, ainsi qu'avec des infirmières et infirmiers autochtones et non autochtones, avec la collaboration du Centre de simulation du Centre d'innovation en formation infirmière et apprentissage professionnel.
Sophie Leclercq et Joannie Gill, qui ont participé à leur élaboration, de même qu'Angélica Provencher, étudiante à la FSI, nous parlent ici avec Sandro Echaquan de ce que le terrain leur a appris.