Des milieux méconnus et pourtant essentiels
Parce qu’ils sont immergés, les herbiers aquatiques sont peu étudiés: ils sont difficiles à mesurer et à détecter par des images aériennes ou satellitaires. Ils ne sont d’ailleurs pas inclus dans les classifications courantes des milieux humides. Or, les herbiers aquatiques ont une très grande valeur écologique, culturelle et économique, indique Morgan Botrel, première auteure de l’étude.
Ils ralentissent l’écoulement de l’eau, ce qui augmente la sédimentation des particules et favorise une eau claire. Ils participent ainsi à l’épuration de l’eau, entre autres en filtrant certains polluants contenus dans les engrais agricoles et les eaux usées. Dans une autre étude, les chercheuses ont constaté qu’un herbier aquatique du lac Saint-Pierre, dans le fleuve Saint-Laurent, pouvait filtrer de 47 à 87 % de l’azote, soit l’équivalent du traitement de la pollution d’une ville de la taille de Québec.
«Grâce à leur effet sur l’écoulement de l’eau et à certaines caractéristiques des plantes elles-mêmes, les herbiers aquatiques améliorent la qualité de l’eau, régulent le cycle des nutriments et pourraient même diminuer la production de méthane, qui agit comme gaz à effet de serre», précise la biologiste.
En plus de maintenir l’eau propre, les bancs de plantes qui vivent entièrement sous l’eau sont essentiels à la biodiversité aquatique. Ils constituent un habitat et une source de nourriture primordiaux pour diverses espèces.