Des causes sociales et économiques
Pour l’équipe de recherche, cette mortalité plus élevée chez les personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles peut s’expliquer en partie par le phénomène du «stress des minorités». Cette théorie prévoit qu’une accumulation de menaces externes, réelles et perçues, envers les minorités sexuelles (par exemple la violence, la discrimination ou l’exclusion sociale), jumelées à des notions intériorisées de honte et de dissimulation de l’identité sexuelle, entraîne des réponses psychologiques, physiologiques et comportementales.
«En raison de ce stress, de nombreuses personnes LGB perçoivent ou anticipent que les prestataires de soins de santé vont stigmatiser leur orientation sexuelle minoritaire ou ont fait l’expérience directe de la discrimination ou de la stigmatisation, et retardent ou évitent donc les consultations médicales», précise Olivier Ferlatte.
La mortalité accrue pourrait aussi être expliquée par le fait que les personnes LGB ont plus difficilement accès à des ressources sociales (elles sont moins en couple, donc moins entourées par la famille et ont un réseau de soutien moins étendu) et matérielles (leurs revenus sont inférieurs).