Choisir avec soin, puis concevoir
«La première étape a consisté à faire l’acquisition du matériel de robotique et à choisir les pièces avec soin. Aujourd’hui, nous en sommes à l’étape de la conception des tâches que les robots vont apprendre, a expliqué Glen Berseth, professeur adjoint au Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l'UdeM, membre de Mila – l’Institut québécois d’intelligence artificielle – et codirecteur du Robotics and Embodied AI Lab du département. Si nous avons bel et bien les robots, comment pouvons-nous nous y prendre pour leur faire comprendre qu’ils ont accompli du bon travail et qu’ils font ce que nous souhaitons qu’ils fassent?»
Ainsi, l’un des bras robotisés «est équipé de caméras pour le guider, mais, graduellement, nous aurons recours à l’IA pour l’entraîner à reconnaître ce qu’il doit faire. En premier lieu, il verra des photos de linge plié, puis il essaiera de plier le linge lui-même, et ce n’est qu’une fois qu’il sera parvenu à bien se tirer d’affaire qu’il obtiendra un “sucre” numérique de notre part – sous la forme d’un 1 plutôt que d’un 0 – de manière que ce comportement approprié puisse être renforcé, faisant en sorte qu’il sera plus susceptible d’accomplir cette tâche avec succès à la prochaine occasion. Par la suite, nous répéterons cette opération avec toutes sortes de pièces de linge», dit le chercheur.
En revanche, l’autre bras est entraîné pour déplacer des objets sur une table, quelle que soit la couleur de cette dernière. «En d’autres termes, le bras est entraîné pour faire abstraction de la couleur de la surface», indique Glen Berseth. Pour sa part, le quadrupède est amené à se déplacer «dans des endroits comme à Montréal, où les appartements ne sont pas toujours au niveau du sol, où il y a des marches et où, à l’extérieur, abondent les nids-de-poule dans les rues une fois le printemps venu», ajoute-t-il.
Glen Berseth et ses étudiants et étudiantes ont assemblé les robots de telle sorte qu’ils soient polyvalents, pouvant de cette façon accomplir bien plus que les tâches pour lesquelles ils ont été conçus, comme déplacer des produits et les poser sur une étagère dans un entrepôt. Ils veulent que ces machines soient en mesure de «voir» l’espace dans lequel elles se trouvent et qu’elles agissent en conséquence.
Comme l’a souligné Glen Berseth: «À l’heure actuelle, les robots n’utilisent pas véritablement les données captées par l’entremise de la caméra. Ainsi, sur une chaîne de montage automobile, les robots sont pour l’essentiel aveugles et répètent avec précision les tâches qu’on leur confie, sans jamais commettre d’erreur. Mais telle n’est pas la façon dont notre monde fonctionne vraiment. Nous aimerions que les robots soient en mesure de faire beaucoup plus afin de tirer véritablement parti de l’information qu’ils recueillent. Nous voulons que le robot réagisse de la même manière que les humains.»