Détection des interactions médicamenteuses potentielles, développement de nouveaux médicaments, prédiction de la réponse aux traitements, gestion des doses: la liste des avantages potentiels de l’intelligence artificielle (IA) en pharmacothérapie semble longue et prometteuse.
Évidemment, peut-on se dire. L’IA est une bête friande de données et le domaine pharmaceutique a de quoi la rassasier. Pensons seulement à l’informatisation de toutes les ordonnances des patients depuis quelques décennies, sachant qu’une pharmacie d’officine ou d’établissement de santé peut traiter de 500 à 1500 ordonnances par jour.
Ces importantes bases de données incarnent donc une réelle occasion de développer des modèles d’apprentissage automatique qui permettraient de prédire tantôt une cible thérapeutique, tantôt le risque de développer un effet indésirable.
Or, au Québec, s’il y a déjà des initiatives en cours pour utiliser l’intelligence artificielle dans le domaine de la pharmacothérapie — comme Valence Discovery, une jeune pousse issue de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila) —, elles restent relativement limitées.
«Le recours à l’IA en pharmacie est émergent et il est encore trop tôt pour déterminer les domaines où les retombées seront plus intéressantes pour la pratique pharmaceutique», note Jean-François Bussières, professeur titulaire de clinique à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et directeur de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine (CHUSJ).