L’ADN mitochondrial, et son «petit» nombre de paires de bases (environ 16 000, ce qui est considérablement moins que l’ADN nucléaire qui en contient plus de 3 milliards), a été séquencé il y a presque 45 ans. «Lorsque l’ADN mitochondrial a été séquencé, on a vite fait le tour. La communauté scientifique était certaine d’avoir tout compris de ce minuscule matériel génétique», raconte Sophie Breton, professeure au Département de sciences biologiques et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la biologie de l’évolution des mitochondries.
Pourtant, la professeure avait une intuition. D’autres gènes s’y cachaient peut-être. En effet, les mitochondries proviennent de l’évolution d’une lignée de bactéries, qui possèdent elles-mêmes des gènes cachés à l’intérieur d’autres gènes. «Est-ce que le génome mitochondrial a encore cette caractéristique?», se demandait Mme Breton. C’est ce que son équipe et elle ont réussi à démontrer. Leur découverte a été publiée à la mi-mai dans la revue BMC Biology. «On a trouvé un gène caché dans un autre gène. L’ADN des mitochondries est comme un jeu de poupées russes», compare-t-elle.