Bousculer les mentalités
La vision de Pierre Lavoie et Jean-François Harvey s’articule autour de quelques principes qui confrontent des idées reçues sur l’activité physique. D’abord, ils soulignent l’importance que les enfants intègrent tôt la notion du mouvement (sauter, botter, courir, grimper, lancer, frapper, nager, glisser, etc.).
«Ces mouvements, le cerveau les apprend pour la vie et majoritairement, soit à 80 %, entre la naissance et six ans, explique Pierre Lavoie. Et si ce n’est pas fait avant six ans, le ou la jeune sera inhabile toute sa vie dans les sports. Je préfère même dire aux parents “imbécile” dans les sports.»
Ensuite, il insiste sur la nécessité de retarder la spécialisation après la puberté. Donc, on troque l’élitisme sportif, la pression de performance et la production de champions contre le plaisir, l’inclusion et l’acquisition globale de compétences; au revoir les Jeux du Québec pour les moins de 14 ans.
«C’est dans les écoles secondaires que le bât blesse, où l’on mesure les enfants, on les compare et l’on exclut ceux qui n’ont pas le potentiel de rapporter des bannières du Réseau du sport étudiant du Québec. La confiance en soi s’effrite, tout comme la motivation, et l’on finit sédentaire parce que rejeté par des systèmes trop pressés de faire des champions», déplore l’athlète.