Lutter contre la situation de minorité
Le Dr Wolf Thyma, résident en psychiatrie à l’UdeM et panéliste, est bien placé pour parler de ces questions. «Ça fait 10 ans que j’étudie à l’Université parce que j’ai fait mon droit avant de faire ma médecine et les personnes noires étaient en très faible minorité dans les deux programmes», dit-il en entrevue téléphonique.
Ses études se sont déroulées avant que la Faculté de médecine de l’UdeM dévoile, en 2022, son plan d’action pour favoriser le recrutement et l’admission de personnes issues des communautés noires. Il se souvient qu’il y avait 3 personnes noires parmi les 300 qui étudiaient avec lui en médecine. Or, les Noirs représentent un peu plus de huit pour cent de la population des 15 à 24 ans dans la région métropolitaine de Montréal.
«Être en très faible minorité a plusieurs conséquences, explique le Dr Thyma. Par exemple, comme on est l’une des rares personnes de sa communauté dans le programme, on a tendance à se mettre énormément de pression. On ne veut pas être celui ou celle qui a des difficultés! Puis, on peut avoir le syndrome de l’imposteur. On peut se demander: suis-je vraiment à ma place si aussi peu de gens me ressemblent? Heureusement, le plan d’action de la Faculté de médecine a apporté de grands changements et il devrait être reproduit par d’autres unités parce qu’il permet vraiment de s’attaquer aux barrières d’entrée auxquelles se heurtent les personnes noires.»