Une philosophie à revoir
«Je n’aime pas l’expression citoyens du futur lorsqu’on parle des enfants, poursuit Juan Torres. Ça vient d’une bonne intention, mais les enfants sont des individus d’aujourd’hui. Ils contribuent activement à leur communauté, à part entière.»
Selon le chercheur, il est «réducteur» de considérer les enfants exclusivement comme des êtres «vulnérables, incomplets dans leur développement et en déficit de compétences». Et c’est une telle vision qui se transpose au cadre bâti de l’école et en fait un lieu replié sur lui, à l’abri des rues et d’une ville perçues comme hostiles, inadéquates pour y grandir.
Pourtant, indique Juan Torres, l’école devrait faire l’objet de réflexions plus larges sur le rôle qu’elle peut jouer dans le quartier et la ville qui l’hébergent. Réciproquement, la ville devrait être envisagée comme le prolongement naturel de l’école. Tel est le cœur de l’urbanisme scolaire, une approche qui place l’école au cœur d’un projet urbain porteur d’une vision de société.