L’appel du Brésil
L’idée d’étudier et d’évaluer les répercussions de l’infection par le SRAS-CoV-2 sur cette population n’est pas née par hasard.
Lors d’une autre pandémie, celle de la grippe H1N1, des équipes médicales dans le monde avaient déjà constaté que les personnes atteintes d’anémie falciforme avaient plus de risques de développer un syndrome thoracique aigu ou d’être admises dans une unité de soins intensifs.
En 2020, durant son postdoctorat à l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (France), la Dre Forté assiste à la mise en place du premier registre français de gens atteints d’anémie falciforme et de la COVID-19.
«À mon retour au Québec, en pleine pandémie, j’ai mis sur pied notre propre registre québécois, avec l’équipe du Dr Thai Hoa Tran, du CHU Sainte-Justine. Tous les centres québécois de maladie falciforme y ont collaboré, mentionne la Dre Forté. Et c’est l’appel d’Isabella Michelon, une étudiante brésilienne en médecine à l'Université catholique de Pelotas, qui a lancé cette étude. Elle en est d’ailleurs la première auteure.»
Pour un de ses cours en épidémiologie, sa collègue brésilienne a contacté les équipes internationales qui faisaient de la recherche sur l’anémie falciforme et la COVID-19. L’équipe de la Dre Forté a répondu à son appel.
Un travail de grande ampleur commence alors pour rassembler et analyser les 22 études qui sont incluses dans leur méta-analyse et englobent près de 1900 personnes atteintes d’anémie falciforme, environ 8700 ayant le trait de l’anémie falciforme et plus de 1,65 million d’autres bien portantes.