Une question d’humanité
Pour Anne Bourbonnais – seule coautrice du rapport venant du Québec –, le respect des droits de la personne et une main-d’œuvre bien soutenue et formée sont au cœur des besoins en matière de soins de longue durée.
«Les gens âgés subissent énormément de discrimination dans les sociétés occidentales, incluant le Canada, en partie en raison d’un âgisme non reconnu, déplore-t-elle. Les soins pour cette frange de la population ne sont pas valorisés et les gouvernements n’accordent pas les ressources nécessaires. De sorte qu’ils ne sont pas toujours considérés et traités comme des êtres humains à part entière, conformément à la Charte canadienne des droits et libertés et à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et ce ne sont pas les résidantes et résidants des établissements de soins de longue durée qui sont généralement capables d’aller manifester pour faire valoir leurs droits.»
La chercheuse ajoute que cette discrimination est non seulement fondée sur l’âge, mais aussi sur le genre, puisque les femmes sont surreprésentées dans ces milieux de soins en raison de leur plus grande espérance de vie que les hommes.
En outre, au Canada, la majorité des personnes qui s’occupent de ces résidantes âgées sont également des femmes, souvent immigrantes ou réfugiées. «En plus de ne pas toujours avoir des conditions de travail adéquates, souvent elles ne sont pas suffisamment formées pour répondre à des besoins en soins de plus en plus complexes. C’est déconcertant de constater que ce sont les gens les moins soutenus qui s’occupent des personnes les plus vulnérables», critique Anne Bourbonnais.