Demandez à de jeunes adultes ce qu'ils pensent de l'amour aujourd'hui et ils vous parleront fort probablement d'une société individualiste, de rencontres réduites à un calcul, d'une génération qui ne saurait plus vraiment s'engager.
Pourtant, elles et ils n'en tombent pas moins amoureux.
C'est ce paradoxe qu'a exploré Jules Pector-Lallemand dans sa thèse de doctorat en sociologie, réalisée sous la direction de la professeure Barbara Thériault. Il a publié une partie de ses résultats dans la revue Sexuality & Culture.
Pendant quatre ans, il a suivi 41 jeunes adultes de 18 à 35 ans à Montréal, Paris et New York, dont 13 à plusieurs reprises sur un an et demi. L'échantillon réunissait des personnes hétérosexuelles et LGBTQ+, en couple ou célibataires, monogames ou en quête de relations non monogames.
Au cours de cette période, le chercheur a même travaillé comme plongeur dans un bar montréalais afin d'observer les marques d'affection partagées par les clients. Il a relevé toute une gamme de gestes affectueux – par exemple une main dans le bas du dos ou une tête posée sur une épaule – pour ensuite les croiser avec les récits recueillis en entrevue.